Surpris dans son repos par la voix d'un braillard,
Un paresseux s'éveille et découvre un lézard.
Il n'a de contentieux avec aucun reptile,
En concevoir un faux lui paraît inutile,
Et de toute manière, il n'a de volonté
Qu'à reprendre le cours de son rêve arrêté.
S'enroulant sur sa branche, il s'endort aussi vite
Qu'un planton qui s'ennuie au fond de sa guérite.
« Holà ! » dit le lézard, frappé d'étonnement
De le voir s'assoupir aussi facilement.
Rencontrer un bradype est chose peu courante,
Mais bavarder avec la rendrait épatante…
« Alors, dit le lézard qui se plaît à dorer,
Attendons au soleil qu'il veuille conférer. »
Comment cet habitant du monde arboricole
Peut-il se comporter comme une fiche molle ?
Telle était la question que l'innocent lézard
Se posait au sujet de ce fieffé cossard,
Bien que la seule énigme attendait l'éclairage
Pour savoir entre eux deux qui l'était davantage.
Mais comment dire noir ou comment dire blanc
Lorsqu'on lance une épreuve entre deux tire-au-flanc ?
Pouvons-nous comparer, avec toute assurance,
La flémingite aiguë avec la nonchalance ?
Comment ne pas confondre, en toute honnêteté,
Un moment d'indolence et de l'oisiveté ?
Comment ne pas trouver un cas d'analogie
Entre de la torpeur et de la léthargie ?
Mais surtout qui choisir comme arbitre impartial
Pour nommer le vainqueur d'un duel si crucial
D'où l'un sortirait roi de la fainéantise,
Et l'autre deviendrait le vice en faignantise ?
Le lézard cogne alors le dos du concurrent.
Il tâche, sans succès, de le mettre au courant,
Le secoue et le gifle afin qu'il se réveille,
Mais l'aï met trois jours pour lui tendre l'oreille…
Il promit au demain lui porter attention,
Car il souffrait en plus de procrastination.
Lorsqu'on est de la branche et qu'on croise son maître,
Le mieux que l'on peut faire est de le reconnaître.
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Qui ne me soit souverain bien, -
Jusqu'au sombre plaisir d'un coeur mélancolique ?"
Saadi disait : " Si la peste donnait des pensions, la peste trouverait encore des flatteurs et des serviteurs".
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