Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
Quamuis sublimes debent humiles metuere,
uindicta docili quia patet sollertiae.
Vulpinos catulos aquila quondam sustulit,
nidoque posuit pullis escam ut carperent.
Hanc persecuta mater orare incipit,
ne tantum miserae luctum importaret sibi.
Contempsit illa, tuta quippe ipso loco.
Vulpes ab ara rapuit ardentem facem,
totamque flammis arborem circumdedit,
hosti dolorem damno miscens sanguinis.
Aquila, ut periclo mortis eriperet suos,
incolumes natos supplex uulpi reddidit.
28. LE RENARD ET L'AIGLE.
Si haut placé qu'on soit, l'on doit craindre les petits, car la vengeance est facile aux gens adroits et souples.
Une aigle un jour enleva (les renardeaux et les déposa dans son aire pour que ses aiglons en fissent leur nourriture. La mère la suivit jusqu'à son nid et se mit à la prier de lui épargner la douleur d'une perte si grande. Mais l'aigle méprisa ses prières, se croyant sans doute protégée par la position même de son aire. Le renard alors saisit sur un autel un tison enflammé et mit le feu tout autour de l'arbre, associant ainsi à la perte de sa progéniture le malheur de son ennemi. L'aigle, pour arracher les siens à un danger de mort, vint en suppliant rendre au renard ses petits sains et saufs.