Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
Est ardalionum quaedam Romae natio, trepide concursans, occupata in otio,
gratis anhelans, multa agendo nil agens,
sibi molesta et aliis odiosissima.
hanc emendare, si tamen possum, uolo
uera fabella; pretium est operae attendere.
Caesar Tiberius cum petens Neapolim
in Misenensem uillam uenisset suam,
quae, monte summo posita Luculli manu,
prospectat Siculum et respicit Tuscum mare,
ex alte cinctis unus atriensibus,
cui tunica ab umeris linteo Pelusio
erat destricta, cirris dependentibus,
perambulante laeta domino uiridia,
alueolo coepit ligneo conspargere
humum aestuantem, iactans come officiolum:
sed deridetur. inde notis flexibus
praecurrit alium in xystum, sedans puluerem.
agnoscit hominem Caesar, remque intellegit:
'Heus!' inquit dominus. ille enimuero adsilit,
donationis alacer certae gaudio.
tum sic iocata est tanta maiestas ducis:
'Non multum egisti et opera nequiquam perit;
multo maioris alapae mecum ueneunt'.
5. Tibère a un esclave du Palais.
Il y a dans Rome une foule de ces gens empressés, qui, toujours en course, sans affaires toujours affairés, se tuent de fatigue inutilement; ils ne font rien en faisant beaucoup, et sont aussi à charge à eux-mêmes, qu'insupportables à nous autres. Je voudrais bien, si c'était chose possible, les corriger par cette histoire véritable : écoutez-la, car elle est digne de l'être.
Tibère, en se rendant à Naples, s'arrêta dans son palais de Misène, villa bâtie par Lucullus sur le sommet de la montagne, d'où l'on voit à ses pieds la mer de Toscane,et,dans le lointain, la mer de Sicile. Comne le prince se promenait dans les superbes jardins, un de ces esclaves officieux, ayant la tunique relevée jusqu'à la ceinture avec une écharpe de toile d'Egypte dont les franges tombaient négligemment, prit un arrosoir de bois, et s'empressa de jeter de 1'eau dans les allées poudreuses, faisant parade d'un si grand service. Mais on se moqua de lui. Ensuite, par les sentiers détournés qu'il connaît, il se présente dans une autre allée , et en abat la poussière. César reconnut notre homme; et, comprenant ce qu'il voulait : " Approche," lui dit-il. Aussitôt l'esclave d'accourir, transporté d'espérance et de joie, se figurant recevoir je ne sais quelle récompense.
Alors l'empereur déposant sa majestueuse gravité, lui dit, en riant : " Tu as fait là peu de chose, et ta peine est perdue ; car je ne donne pas des soufflets à si bon marché. "