Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
Aesopus auctor quam materiam repperit,
hanc ego polivi versibus senariis.
Duplex libelli dos est: quod risum movet,
et quod prudenti vitam consilio monet.
Calumniari si quis autem voluerit,
quod arbores loquantur, non tantum ferae,
fictis iocari nos meminerit fabulis.
Prologue.
Ésope, créateur de la fable, en a trouvé la matière; moi,
je l'ai polie et mise en vers sénaires. Ce petit livre offre
un double avantage : il fait rire et donne de sages conseils
pour la conduite de la vie. Peut-être voudra-t-on me
chercher chicane sous prétexte que j'y fais parler les
arbres, sans m'en tenir aux animaux. Mais je rappellerai
que ce sont là des badinages et des récits tout imaginés.
PROLOGUE.
These fictions have a double end;
To please and to instruct pretend.
What Esop taught his beasts in Greek,
Phedrus in Latin made them speak :
I
n English, I from him translate,
And his brief manner imitate.
Commentaires d'Ernest Panckoucke - 1834.
1. Msopus auctor quam materiam.........
Plusieurs traducteurs
ont entendu par Esopus auctor, Esope est l'auteur et l'inventeur de ces fables. » Il y a évidemment ici une erreur. Aesopus auctor veut dire l'auteur Esope ; Phèdre , qui attachait tant de mérite à la brièveté, n'aurait pas commencé son ouvrage par une redondance tout-à-fait inutile. Il a voulu désigner le Phrygien Esope, parce que plusieurs personnages célèbres avaient porté ce nom ; notamment Clodius Esope , le meilleur tragique de la scène romaine. 2. Reperit. — Reperlre, trouver à force de méditations. Les Latins ont souvent employé dans le même sens les expressions reperire et invenire. Cependant, dans certaines circonstances, on voit ces deux mots employés ensemble et avoir un sens différent. Tu non inventa, reperta es. {Métamorphoses d'Ovide, liv. I.) 3. Hanc ego polivi. J'ai cru devoir traduire polivi par imiter; parce que Phèdre, en livrant ses essais au public, voulait se mettre sous la protection d'Ésope : son intention n'est donc pas de dire qu'il a mieux fait que son prédécesseur, mais seulement qu'il a donné à ses fables le brillant, le poli de la poésie.
Plus tard il n'est plus aussi modeste :
.....Invenit ille, noslra perfecit manus.
(Lib. III, fab. 19. ) Ego porro illius semita feci viani.
( Lib. III, Prologus. ) i 4. Versibus senariis. — Senarius, qui est composé de six, vient de seni, six. — Senariis versibus, vers composé de six pieds, vers ïambiques.