A
esopi nomen sicubi interposuero,
cui reddidi iam pridem quidquid debui,
auctoritatis esse scito gratia;
ut quidam artifices nostro faciunt saeculo,
qui pretium operibus maius inveniunt novis
si marmori adscripserunt Praxitelen suo,
trito Myronem argento, tabulae Zeuxidem.
Adeo fucatae plus vetustati favet
invidia mordax quam bonis praesentibus.
Sed iam ad fabellam talis exempli feror.
PROLOGUE. LE POÈTE.
Si je place parfois dans mes écrits le nom d'Ésope, à qui du reste depuis
longtemps j'ai rendu tous les hommages que je lui dois, sachez bien que je le
fais pour donner plus de poids à cet ouvrage. Je ressemble à ces artistes de
notre siècle, qui, pour être mieux payés de leurs travaux, inscrivent au bas
d'une statue moderne le nom de Praxitèle, sur l'airain celui de Scopas, sur
l'argent celui de Myron, et signent leurs tableaux Xeuxis : tant il est
vrai que l'envie à la dent déchirante épargne davantage des productions même
fausses de l'antiquité, que les meilleures de notre temps. Ceci me porteà raconter une fable qui prouve ce que j'avance.
Phèdre traduit en français et annoté par D. Marie. 1846.
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