Analyses des fables .  

Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau.
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La Fontaine a mis a la fin de sa XVe fable, intitulée : La Mort et le Malheureux, une note qui confirme ce fait, sans que Despréaux y soit nommé
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Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants.
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Proverbes.
 " Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre."
Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore : Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée : Petit homme abat grand chêne. Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire, c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour allumer un incendie.
G. Duplessis - 1851.
 

 

 

 

 Phèdre.




La vie de Phèdre.


Phèdre affranchi d'Auguste est né en Thrace , il est emmené très jeune comme esclave à Rome . Il vécut de 15 av. J.-C. à 50 apr. J.-C. D'origine grecque, affranchi de l'empereur Auguste, Il écrivit cinq livres de fables.
    Dans ses 132 fables il s'inspira très largement d' Esope en mettant en scène des personnages déjà décrits par celui-ci.  Il assure qu'il a beaucoup plus inventé qu'il n'a pris.
   Malgrès son génie, l'oeuvre de Phèdre restera pendant très longtemps ignorée et même jamais reconnue par ses contemporains. Il demeura longtemps dans l'oubli jusqu'au 16eme. siècle, où François Pithou fait ressortir ses ouvrages de la bibliothèque Saint-Remi de Reims. Ce fut la rennaissance de Phèdre.
   Ayant été soupçonné d'avoir fait des allusions politiques dans certaines de ses fables, il sera condamné à l'exil .
  Lamotte rend hommage à Phèdre : "Rendons-lui toute la justice qu'il mérite. Il a orné avec beaucoup d'art la simplicité d'Esope. Il attache par une élégance douce, et qu'il contient toujours dans les bornes de sa matière. Mais selon les idées que j'ai données des choses, je lui trouve, plus de politesse que de génie, moins de riant que de gracieux, et plus de naturel que de naïveté."

Notice très détaillée sur la vie et les fables de Phèdre par Fleutelot, Jules .
« Les siècles, écrivait Senèque, s'entasseront par-dassus nous comme une eau profonde ; des œuvres du temps présent, quelques-unes à peine se soutiendront à la surface, et se défendront longtemps, destinées a être tôt ou tard oubliées à leur tour.
Phèdre est assurément un des exemples les plus merveilleux de cette lutte opiniâtre. et de la résistance que les monuments littéraires de l'antiquité ont opposée à l'oubli. Longtemps caché sous les flots, il en est sorti tout à coup, au moment où l'un ne se souvenait guère qu'il eût jamais existé; il a même eu quelque peine à se faire reconnaître pour un homme d'autrefois. Peu connu ou dédaigné pendant sa vie, si l'on en juge par le silence des contemporains; mort sans épitaphe, parcequ'il expira probablement dans l'abandon et la misère; nommé, peut-être dans un vers de Martial, désigné brièvement dans une préface d'Avianus sous le régne de Theodose, il disparaît ensuite, mais toutefois sans qu'ilsoil impossible de retrouver sa trace ; les débris disloqués, tronqués de ses iainbes sont ensevelis dans la mauvaise prose d'un mystérieux Romulus, qui prend le titre d'empereur romain, et pour se donner plus de relief, annonce son ouvrage comme une traduction d'Ésope, sans dire un mot de Phèdre, qu'il copie impudemment. Le roi Alfred, vers la findu IXe. siècle, ou Henri I, au commencement du XIIIe, fait traduir cette compilalion en anglais. Au XIIIe. Marie de France traduit la version anglaise, et dans ses rimes, après une double metamorphose, plusieurs traits de l'ancien original subsistent encore. Un arche-vèque de Tours, Hildebert, mort vers 1135, prend aussi pour thème la prose de Romulus. Versificateur habile, poète spirituel, et surtout à la manière du temps, il figure sous le nom d'Ësopus à côté d'Horace et de Virgile parmi les auteurs étudiés dans tes écoles, au XIIIe siècle ; au XIVe, il est traduit en vers français, par un anonyme ; en vers allemands, par Boner; au XVe, deux traductions des fables de Hildebert sont imprimées en Italie, l'une en prose par le Napolitain Francesco  La suite ....
Les fabulistes parlent de Phèdre.

La Fontaine:

  - "Socrate n'est pas le seul qui ait considéré comme soeurs la poésie et nos fables. Phèdre a témoigné qu'il était de ce sentiment , et, par l'excellence de son ouvrage, nous pouvons juger de celui du prince des philosophes."

  - "On ne retrouvera pas ici l'élégance ni l'extrême brièveté qui rendent Phèdre recommandable... Si l'on y veut prendre garde , ou reconnaîtra dans cet auteur le vrai caractère et le vrai génie de Térence. "

  - "Phèdre était si succinct, qu'aucuns l'en ont blâmé, Esope, en moins de mois, s'est encore exprimé." Livre III, fable 10.

La Motte , Préface de ses fables.

  - "Phèdre a voulu faire un livre . On sent dans sa compositin un soin continu d'élégance, et quoiqu'il soit simple et facile , il n'en est ni moins poli ni moins mesuré.
Esope est un philosophe, et Phèdre un auteur."

  - "Phèdre ne donne guère d' étendue à ses fables : mais, à tout prendre, il est encore prolixe auprès d'Esope. Sa brièveté est toujours fleurie : il peint avec «les épithètes convenables, et ses descriptions, renfermées souvent dans un seul mot, ne laissent pas de semer dans sou ouvrage des grâces inconnues à l'inventeur.

LA Harpe , Court de littérature,
    - "Après. Esope, le fabuliste qui a eu le plus de réputation, c'est Phèdre, qui à la moralité simple et nue du récit du Phrygien , joignit L'agrément de la poésie. Son élégance, sa pureté, sa précision , sont dignes du siècle d'Auguste."


F. Schoell , Histoire abrégée de la littérature romaine.
  - " Phèdre eut le mérite d'avoir fait le premier connaître aux Romains les fables d'Esope; non que toutes ses fables soient des traductions de celles du philosophe phrygien; mais les deux tiers, qui paraissent originales, ou dont du moins nous ne connaissons pas les originaux grecs, sont dans la manière d'Esope. Dans les fables même qui sont imitées du grec, Phèdre a le mérite de l'invention par la façon dont il les a arrangées, et il est un poète aussi original que La Fontaine, qui, comme lui, a pris ailleurs le sujet d'une grande partie de ses fables. Phèdre se distingue par une précision, une grâce et une naïveté qui n'ont pas été surpassées. Sa simplicité est le plus sûr garant de l'authenticité de ses fables, que quelques critiques ont contestée. Sa diction n'en est pas moins élégante, quelquefois même un peu trop recherchée.

Walckenaer, Essai sur la fable et les fabuliste.
  - " Phèdre, qui excite aujourd'hui notre admiration par son exquise élégance et sa concision classique, fut peu connu de son temps.







 

 

 



 

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