Phèdre affranchi d'Auguste est né en Thrace , il est emmené très jeune comme esclave à Rome .
Il vécut de 15 av. J.-C. à 50 apr. J.-C. D'origine grecque, affranchi de l'empereur Auguste, Il écrivit cinq livres de fables.
Dans ses 132 fables il s'inspira très largement d' Esope en mettant en scène des personnages déjà décrits par celui-ci. Il assure qu'il a beaucoup plus inventé qu'il n'a pris.
Malgrès son génie, l'oeuvre de Phèdre restera pendant très longtemps ignorée et même jamais reconnue par ses contemporains. Il demeura longtemps dans l'oubli jusqu'au 16eme. siècle, où François Pithou fait ressortir ses ouvrages de la bibliothèque Saint-Remi de Reims. Ce fut la renaissance de Phèdre.
Ayant été soupçonné d'avoir fait des allusions politiques dans certaines de ses fables, il sera condamné à l'exil .
Lamotte rend hommage à Phèdre : "Rendons-lui toute la justice qu'il mérite. Il a orné avec beaucoup d'art la simplicité d'Esope. Il attache par une élégance douce, et qu'il contient toujours dans les bornes de sa matière. Mais selon les idées que j'ai données des choses, je lui trouve, plus de politesse que de génie, moins de riant que de gracieux, et plus de naturel que de naïveté."
Le fac-similé du manuscrit de Phèdre - découvert en 1608 à Reims par le P. Sirmond.
Jean de La Fontaine et plusieurs autres fabulistes modernes s'inspirèrent largement des écrits de Phèdre.
La Fontaine:
- "Socrate n'est pas le seul qui ait considéré comme soeurs la poésie et nos fables. Phèdre a témoigné qu'il était de ce sentiment , et, par l'excellence de son ouvrage, nous pouvons juger de celui du prince des philosophes."
- "On ne retrouvera pas ici l'élégance ni l'extrême brièveté qui rendent Phèdre recommandable... Si l'on y veut prendre garde , ou reconnaîtra dans cet auteur le vrai caractère et le vrai génie de Térence. "
- "Phèdre était si succinct, qu'aucuns l'en ont blâmé, Esope, en moins de mois, s'est encore exprimé." Livre III, fable 10.
La Motte , Préface de ses fables.
- "Phèdre a voulu faire un livre . On sent dans sa composition un soin continu d'élégance, et quoiqu'il soit simple et facile , il n'en est ni moins poli ni moins mesuré.
Esope est un philosophe, et Phèdre un auteur."
- "Phèdre ne donne guère d' étendue à ses fables : mais, à tout prendre, il est encore prolixe auprès d'Esope. Sa brièveté est toujours fleurie : il peint avec «les épithètes convenables, et ses descriptions, renfermées souvent dans un seul mot, ne laissent pas de semer dans sou ouvrage des grâces inconnues à l'inventeur.
LA Harpe , Court de littérature,
- "Après. Esope, le fabuliste qui a eu le plus de réputation, c'est Phèdre, qui à la moralité simple et nue du récit du Phrygien , joignit L'agrément de la poésie. Son élégance, sa pureté, sa précision , sont dignes du siècle d'Auguste."
F. Schoell , Histoire abrégée de la littérature romaine.
- "
Phèdre eut le mérite d'avoir fait le premier connaître aux Romains les fables d'Esope; non que toutes ses fables soient des traductions de celles du philosophe phrygien; mais les deux tiers, qui paraissent originales, ou dont du moins nous ne connaissons pas les originaux grecs, sont dans la manière d'Esope. Dans les fables même qui sont imitées du grec, Phèdre a le mérite de l'invention par la façon dont il les a arrangées, et il est un poète aussi original que La Fontaine, qui, comme lui, a pris ailleurs le sujet d'une grande partie de ses fables. Phèdre se distingue par une précision, une grâce et une naïveté qui n'ont pas été surpassées. Sa simplicité est le plus sûr garant de l'authenticité de ses fables, que quelques critiques ont contestée. Sa diction n'en est pas moins élégante, quelquefois même un peu trop recherchée.
Walckenaer, Essai sur la fable et les fabuliste.
- " Phèdre, qui excite aujourd'hui notre admiration par son exquise élégance et sa concision classique, fut peu connu de son temps.
Portrait biographique de Jean de La Fontaine . Sa jeunesse. |
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