P
auo ad Iunonem uenit, indigne ferens
cantus luscinii quod sibi no tribuerit;
illum esse cunctis auribus mirabilem,
se derideri simul ac uocem miserit.
Tunc consolandi gratia dixit dea:
"Sed forma uincis, uincis magnitudine;
nitor smaragdi collo praefulget tuo,
pictisque plumis gemmeam caudam explicas."
"Quo mi" inquit "mutam speciem si uincor sono?"
"Fatorum arbitrio partes sunt uobis datae;
tibi forma, uires aquilae, luscinio melos,
augurium coruo, laeua cornici omina;
omnesque propriis sunt contentae dotibus.
Noli adfectare quod tibi non est datum,
delusa ne spes ad querelam reccidat."
XVIII - La Paon et Junon.
Indigné de n'avoir pas eu en partage la voix du rossignol, le Paon vînt trouver Junon. «Les sons harmonieux du rossignol, dit-il, plaisent à tout le monde, tandis que ma voix ne fait qu'exciter le rire. » La déesse lui répondit, pour le consoler : - - Mais ne l'emportes-tu point par ta beauté, par ton port majestueux? ton collier d'émeraude brille des plus vives couleurs, et tu déploies en rayons la queue qui étincelle de mille pierreries.
- A quoi me sert une beauté muette, si je suis le dernier par la voix.
- Le destin, reprit Junon, vous a partagé les dons de la nature: toi, tu as reçu la beauté; l'aigle, le courage; le rossignol, des accens mélodieux, le corbeau, sert aux prédictions des augures; la corneille, porte de sinistres présages ; et cependant chacun est content de son lot.
Gardez-vous de porter envie aux biens que vous n'avez pas; si vos espérances étaient trompées, il ne vous resterait que des regrets.
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"J'aime le jeu, l'amour, les livres, la musique,-
La ville et la campagne, enfin tout; il n'est rien-
Qui ne me soit souverain bien, -
Jusqu'au sombre plaisir d'un coeur mélancolique ?"
Saadi disait : " Si la peste donnait des pensions, la peste trouverait encore des flatteurs et des serviteurs".
lorsqu'on n'a pas ce que l'on aime. - Il faut aimer ce que l'on a." 



