Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
Solet a despectis par referri gratia.
Panthera inprudens olim in foueam decidit.
Videre agrestes; alii fustes congerunt,
alii onerant saxis; quidam contra miseriti
periturae quippe, quamuis nemo laederet,
misere panem ut sustineret spiritum.
Nox insecuta est; abeunt securi domum,
quasi inuenturi mortuam postridie.
At illa, uires ut refecit languidas,
ueloci saltu fouea sese liberat
et in cubile concito properat gradu.
Paucis diebus interpositis prouolat,
pecus trucidat, ipsos pastores necat,
et cuncta uastans saeuit irato impetu.
Tum sibi timentes qui ferae pepercerant
damnum haut recusant, tantum pro uita rogant.
At illa: "Memini quis me saxo petierit,
quis panem dederit; uos timere absistite;
illis reuertor hostis qui me laeserunt."
II - La Panthere et le Berger
C'est l'habitude de ceux qui ont été méprisés de rendre
mesure pour mesure.
Une panthère, par mégarde, tomba un jour dans une
fosse. Des paysans l'ayant vue, les uns font pleuvoir sur
elle des bâtons, les autres l'accablent de pierres; quelquesuns
au contraire, pris de pitié à la pensée qu'elle devait
périr sans même qu'on lui fît du mal, lui jetèrent du pain
pour prolonger sa vie. La nuit arriva. Tous rentrent chez
eux l'esprit tranquille, croyant bien trouver la bête morte
le lendemain. Mais quand elle eut refait ses forces affaiblies,
d'un bond agile elle s'échappe de la fosse et se hâte
à vive allure vers son gîte. Quelques jours plus tard, elle
prend son élan, égorge le bétail, tue les bergers eux-mêmes
et donne libre cours à sa fureur impétueuse en dévastant
tout. Alors, tremblant pour eux-mêmes, ceux qui avaient
épargné la bête sauvage ne refusent pas de perdre leur
bétail, ils lui demandent seulement la vie sauve. «Je me
souviens, dit-elle, de qui m'a jeté des pierres et de qui m'a
donné du pain. Vous, n'ayez aucune crainte. Je ne reviens
en ennemi que pour ceux qui m'ont fait du mal.