Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
Quicumque amisit dignitatem pristinam,
ignauis etiam iocus est in casu graui.
Defectus annis et desertus uiribus
leo cum iaceret spiritum extremum trahens,
aper fulmineis spumans uenit dentibus,
et uindicauit ictu ueterem iniuriam.
Infestis taurus mox confodit cornibus
hostile corpus. Asinus, ut uidit ferum
impune laedi, calcibus frontem extudit.
At ille exspirans 'Fortis indigne tuli
mihi insultare: Te, Naturae dedecus,
quod ferre certe cogor bis uideor mori'.
21. Le Lion devenu vieux, le Sanglier, le Taureau et l'Ane.
Quiconque a perdu son ancienne puissance, se voit dans le malheur en butte aux insultes même du lâche.
Abattu par les années, abandonné de ses forces, le Lion, gisant à terre, allait rendre le dernier soupir. Le Sanglier vint à lui, et, d'un coup de ses terribles défenses, se vengea d'une vieille injure : bientôt après, de ses cornes redoutables, le Taureau perça le corps de son ennemi. L'Ane, voyant qu'on pouvait alors impunément outrager le roi des animaux, lui frappa la tête à coups de pieds. Le Lion lui dit en expirant : «J'ai supporté avec indignation les insultes des plus braves; mais souffrir tes atteintes, opprobre de la nature, ce me semble mourir deux fois. »