Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
Malus cum sutor inopia deperditus
medicinam ignoto facere coepisset loco
et uenditaret falso antidotum nomine,
uerbosis adquisiuit sibi famam strophis.
Hic cum iaceret morbo confectus graui
rex urbis, eius experiendi gratia
scyphum poposcit: fusa dein simulans aqua
illius se miscere antidoto toxicum,
combibere iussit ipsum, posito praemio.
Timore mortis ille tum confessus est,
non artis ulla medicum se prudentia,
uerum stupore uulgi, factum nobilem.
Rex aduocata contione haec edidit:
'Quantae putatis esse uos dementiae,
qui capita uestra non dubitatis credere,
cui calceandos nemo commisit pedes?'
Hoc pertinere uere ad illos dixerim,
quorum stultitia quaestus impudentiae est.
14. Le Cordonnier et le Medecin.
Un mauvais Cordonnier, mourant de faim, alla exercer la médecine dans un pays où il n'était pas connu. Il vendait de faux antidote, et par son verbiage et son charlatanisme, il se fit bientôt une réputation. Le gouverneur de la ville, qu'une grave maladie retenait au lit, voulut mettre son savoir à l'épreuve. Il demanda une coupe, y versa de l'eau,et feignit de mêler du poison à l'antidote du prétendu médecin ; puis , il lui ordonna de boire, lui promettant une récompense. La peur de la mort fît alors avouer à notre homme, que ce n'était pas à ses talents en médecine, mais à la sottise du vulgaire, qu'il devait sa réputation.Le gouverneur fît assembler les habitants, et leur dit: «Pensez un peu quelle folie vous aveugle; vous confiez vos têtes sans hésiter, à qui personne n'a voulu donner ses pieds à chausser. »
Ceci regarde, à mon avis, ceux qui par leur sottise enrichissent l'i impudence.