EPILOGUS.

Si nostrum studium ad aures peruenit tuas,
et arte fictas animus sentit fabulas,
omnem querellam submouet felicitas.
sin autem rabulis doctus occurrit labor,
sinistra quos in lucem natura extulit,
nec quidquam possunt nisi meliores carpere,
fatale exilium corde durato feram,
donec Fortunam criminis pudeat sui.
Nunc fabularum cur sit inuentum genus
Breui docebo. Seruitus obnoxia,
Quia quae uolebat non audebat dicere,
Affectus proprios in fabellas transtulit
Calumniamque fictis elusit iocis.
Illius porro semitam ego feci uiam;
Excogitaui plura quam reliquerat,
In calamitatem deligens quaedam meain.
Quodsi accusator alius Sejano foret,
Si testis alius, iudex alius denique,
Dignum faterer esse me tantis malis
Nec his dolorem delenirem remediis.
Suspicione si quis errabit sua
Et rapiet ad se quod erit commune omnium,
Stulte nudabit animi conscientiam.
Huic excusatum me uelim nihilominus;
Neque enim notare singulos mens est mihi,
Verum ipsam uitam et mores hominum ostendere.
Rem me professum dicet fors aliquis grauem.
Si Phryx Aesopus potuit, Anacharsis Scythes
Aeternam famam condere ingenio suis,
Ego litteratae qui sum propior Graeciae
Cur somno inerti deseram patriae decus,
Threissa cum gens numeret auctores deos,
Linoque Apollo sit parens, Musa Orpheo,
Qui saxa cantu mouit et domuit feras
Hebrique tenuit impetus dulci mora?
Ergo hinc abesto, Liuor, ne frustra gemas
Cum iam mihi sollemnis dabitur gloria.
Induxi te ad legendum; sincerum mihi
Candore noto reddas iudicium peto.



 

9. LA STATUE D'ÉSOPE.

Si mon travail est venu à ta connaissance et que ton esprit goûte l'art des récits que j'imagine, ce bonheur m'ôte toute raison de me plaindre. Mais si cette œuvre littéraire rencontre de ces gens venus au monde dans un mauvais jour et capables seulement de déchirer ceux qui valent mieux qu'eux, je supporterai d'un coeur ferme l'exil que m'inflige le destin, jusqu'à ce que la Fortune rougisse de ses méfaits.
Maintenant je vais dire en peu de mots pourquoi le genre de la fable a été inventé. Esclave assujetti à un maître, Ésope n'osait pas dire ce qu'il voulait; il traduisit donc ses sentiments personnels dans des fables et déjoua ainsi les interprétations malveillantes par des badinages où tout est imaginé.
Et moi, à mon tour, de l'étroit sentier d'Ésope j'ai fait. une large route. J'ai en effet inventé plus de fables qu'il n'en avait laissé, choisissant tels et tels sujets pour mon malheur. Si j'avais eu un autre accusateur, un autre témoin, un autre juge enfin que Séjan, j'avouerais avoir mérité une si grande infortune et je ne chercherais pas un remède à ma douleur dans ce travail. Celui qui, s'égarant en de vains soupçons, s'appliquera à lui seul ce qui s'adresse à tous, dévoilera sottement le fond de sa conscience. Toutefois je voudrais d'avance me justifier à ses yeux: J'ai en effet l'intention non pas de censurer les individus, mais de peindre la vie et les caractères humains.
Peut-être dira-t-on que j'annonce là une entreprise difficile. Mais si le Phrygien Ésope, si le Scythe Anacharsis ont pu par leur talent donner à leur pays une gloire immortelle, moi qui tiens de plus près à la Grèce savante, pourquoi trahirais-je, dans le sommeil et la paresse, l'honneur de ma patrie? La Thrace met ses écrivains au rang des dieux; Apollon est le père de Linus, une Muse est la mère d'Orphée, celui qui, par ses chants, mit les rochers en mouvement, dompta les bêtes féroces, arrêta le cours impétueux de l'Hèbre. Arrière donc, pâle Envie, pour n'avoir pas à gémir en vain le jour où enfin me sera donnée la gloire qu'on accorde aux poètes.
Je t'ai engagé à me lire; mais je te demande de porter sur mon livre un jugement sincère et digne de ta franchise bien connue.

 

Articles et fabulistes à voir...
Portrait biographique de Jean de La Fontaine . Sa jeunesse.
— Jean de la Fontaine naquit, le 8 juillet 1621, à Château-Thierry. Son père était maître des eaux et forêts, et sa mère, Françoise Pidoux, fille d'un bailli de Coulommiers. Son éducation paraît avoir été fort négligée; on lui laissait lire, à l'aventure, tout ce qui lui tombait sous la main; et, de bonne heure, il prit l'habitude d'obéir à son caprice ou aux impressions du moment. Quelques livres de piété prêtés par un chanoine de Soissons ayant ému son imagination, il crut d'abord qu'il avait du goût pour l'état ecclésiastique ; et, vers sa vingtième année, il entrait à l'institut de l'Oratoire, puis au séminaire de Saint-Magloire, à Paris1. Mais il s'aperçut vite de sa méprise, et en 1641 revint chez son père, la suite....

La continuation des Mille et une Nuits.
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Origine des fables de Jean de la Fontaine.
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Franc-Nohain:
Maurice Étienne Legrand, dit Franc-Nohain, né le 25 octobre 1872 à Corbigny et mort le 18 octobre 1934 à Paris, avocat, sous-préfet, écrivain, librettiste, poète.
Il choisit Nohain comme nom en hommage au cours d'eau traversant Donzy, lieu de ses vacances d'enfance. Avec André Gide et Pierre Louÿs , il fonde "Potache revue" la suite.... .

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