Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
Puerorum in turba quidam ludentem Atticus
Aesopum nucibus cum uidisset, restitit,
et quasi delirum risit. Quod sensit simul
derisor potius quam deridendus senex,
arcum retensum posuit in media uia:
"Heus" inquit "sapiens, expedi quid fecerim."
Concurrit populus. Ille se torquet diu,
nec quaestiones positae causam intellegit.
Nouissime succumbit. Tum uictor sophus:
"Cito rumpes arcum, semper se tensum habueris;
at si laxaris, cum uoles erit utilis."
Sic lusus animo debent aliquando dari,
ad cogitandum melior ut redeat tibi.
XIV - Esope Jouant.
Un Athénien voyant au milieu d'une bande d'enfants Ësope jouer aux noix s'arrêta et se moqua de lui en le prenant pour un insensé. Dès qu'il s'en aperçut, le vieillard qui était plus disposé à railler les autres qu'à se laisser tourner lui-même en dérision, posa un arc détendu au milieu du chemin. «Holà, dit-il, l'homme sage, explique le sens de ce que je viens de faire.» Les passants aussitôt se rassemblent. Notre homme se torture l'esprit longtemps sans pouvoir découvrir la raison de la question qui lui est posée.
A la fin il s'avoue vaincu. Le sage victorieux dit alors : "Tu rompras bien vite ton arc, si tu le tiens toujours tendu. Mais, si tu le détends, il sera, quand tu voudras, en état de servir.
Ainsi des récréations doivent être, de temps à autre, données à ton esprit, pour qu'il redevienne ensuite plus dispos pour penser.»