Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
Inter capellas agno palanti canis
"Stulte" inquit "erras; non est hic mater tua."
Ouesque segregatas ostendit procul.
"Non illam quaero quae cum libitum est concipit,
dein portat onus ignotum certis mensibus,
nouissime prolapsam effundit sarcinam;
uerum illam quae me nutrit admoto ubere,
fraudatque natos lacte ne desit mihi."
"Tamen illa est potior quae te peperit." "Non ita.
Beneficium sane magnum natali dedit,
ut expectarem lanium in horas singulas!
Vnde illa sciuit niger an albus nascerer?
Age porro, parere si uoluisset feminam,
quid profecisset cum crearer masculus?
Cuius potestas nulla in gignendo fuit,
cur hac sit potior quae iacentis miserita est,
dulcemque sponte praestat beneuolentiam?
Facit parentes bonitas, non necessitas."
"His demonstrare uoluit auctor uersibus
obsistere homines legibus, meritis capi."
XV - Le Chien et L'Agneau.
Comme un agneau bêlait parmi des chèvres, un chien lui dit : «Pauvre sot, tu te trompes; ta mère n'est pas ici», et il lui montra les brebis parquées loin de là. «Je ne la cherche point, répond l'agneau, celle qui conçoit en n'obéissant qu'à son caprice, qui porte son fardeau sans le connaître pendant la période fixée et à la fin, quand il lui échappe, le laisse aller à terre comme un bagage. Celle que je cherche, c'est celle qui me nourrit en m'offrant sa mamelle et qui dérobe à ses enfants une part de son lait pour que je n'en manque pas.»
- «Cependant celle que tu dois préférer, c'est celle qui t'a donné le jour.»
-
Non certes. A-t-elle su seulement si je serais noir ou blanc ? Au surplus, eût-elle voulu mettre bas une femelle, comment y aurait-elle réussi, puisque je venais au jour avec le sexe mâle. Il est beau assurément, ce bienfait que j'ai reçu d'elle à ma naissance, d'avoir à attendre le boucher d'heure en heure ! Si donc elle n'a rien pu sur ma naissauce, pourquoi me serait-elle plus que celle qui a eu pitié de mon abandon et qui d'elle-même me témoigne un tendre dévouement?
Ce qui crée la parenté, c'est la bonté, et non les liens de la nature. Par ces vers l'auteur a voulu démontrer que les hommes sont rebelles aux commandements des lois et se laissent prendre par les bienfaits.