Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
Apes in alta fecerant quercu favos.
Hos fuci inertes esse dicebant suos.
Lis ad forum deducta est, uespa iudice;
quae, genus utrumque nosset cum pulcherrime,
legem duabus hanc proposuit partibus:
"Non inconueniens corpus et par est color,
in dubium plane res ut merito uenerit.
Sed, ne religio peccet inprudens mea,
aluos accipite et ceris opus infundite,
ut ex sapore mellis et forma faui,
de quis nunc agitur, auctor horum appareat."
Fuci recusant, apibus condicio placet.
Tunc illa talem rettulit sententiam:
"Apertum est quis non possit et quis fecerit.
Quapropter apibus fructum restituo suum."
Hanc praeterissem fabulam silentio,
si pactam fuci non recusassent fidem.
XIII - Les Abeilles et les Bourdons jegés par la Guêpe.
Des abeilles au haut d'un chêne avaient fait des rayons; et ces rayons, des bourdons propres à rien disaient qu'ils leur appartenaient. Le différend fut porté devant le tribunal de la guêpe. Comme elle connaissait très bien l'une et l'autre espèce, voici la convention qu'elle proposa aux deux parties : "Vous n'êtes pas sans vous ressembler par la forme du corps et votre couleur est la même, de sorte que sur le fait le doute est tout à fait permis. Mais, pour que ma conscience ne juge pas à faux faute d'être éclairée, prenez ces ruches et versez votre récolte dans des alvéoles de cire, afin que le goût du miel et la forme des rayons fassent voir, pour ceux dont il s'agit dans cette affaire, quel en est l'auteur.» Les bourdons se refusent à l'épreuve; les abeilles l'acceptent volontiers.
Alors la guêpe prononça cette sentence : «On voit bien clairement qui n'est pas capable de faire cet ouvrage et qui l'a fait. C'est pourquoi je rends aux abeilles la jouissance de leur bien.»
J'aurais passé cette fable sous silence, si les bourdons n'avaient pas refusé de tenir leur engagement.