Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
Ad rivum eundem lupus et agnus venerant,
siti compulsi. Superior stabat lupus,
longeque inferior agnus. Tunc fauce improba
latro incitatus iurgii causam intulit;
'Cur' inquit 'turbulentam fecisti mihi
aquam bibenti?' Laniger contra timens
'Qui possum, quaeso, facere quod quereris, lupe?
A te decurrit ad meos haustus liquor'.
Repulsus ille veritatis viribus
'Ante hos sex menses male' ait 'dixisti mihi'.
Respondit agnus 'Equidem natus non eram'.
'Pater hercle tuus' ille inquit 'male dixit mihi';
atque ita correptum lacerat iniusta nece.
Haec propter illos scripta est homines fabula
qui fictis causis innocentes opprimunt.
Le Loup et L'Agneau.
Un Loup et un Agneau, pressés pat la soif, étaient venus au même ruisseau. Le Loup se désaltérait dans le courant bien au dessus de l'Agneau; mais, excité par son insatiable avidité, le brigand lui chercha querelle. « Pourquoi, lui dit-il viens-tu troubler mon breuvage?» L'Agneau répondit, tout tremblant : « Comment, je vous prie, puis-je faire ce dont vous vous plaignez? cette eau descend de vous à moi. » Repoussé par la force de la vérite , le Loup reprit : « Tu médis de nous, il y a six mois.
— Mais je n'étais pas né, répliqua l'Agneau.
— De par Hercule ! ce fut donc ton père, ajouta le Loup. »
Et, dans son injuste fureur, il le saisit et le déchire.
Cette fable a été écrite contre ceux qui, sous de faux prétextes, oppriment les innocens.
THE WOLF AND THE LAMB.
By thirst compell'd, to the same brink,
A Wolf and Lamb approach'd to drink;
The Wolf above, the Lamb much lower.
When urg'd by hunger's wicked power,
The tyrant thus a quarrel sought:
" How dar'st thou muddy thus my draught ?"
" Sir," says the Lamb, " that cannot be,
" For the stream runs from you to me."
" Well, well," replied the Wolf, " I know
" You slander'd me six months ago."
—" Indeed, good Sir, I was not born."
—" Then 'twas your father spoke with scorn."
This said, he seiz'd his trembling prey,
And bore poor Wooly-sides away.
To you this fable I address,
Who on false grounds the weak oppress.