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Mille et une Nuits

Mille et une Nuits

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Les Mille et une Nuits  -La littérature orientale n’offre assurément aucun ouvrage qui ait reçu en Europe un accueil plus favorable que les Fables de Bidpai et les contes des Mille et Une Nuits. Quel est en effet le livre qui ait été traduit dans un plus grand nombre de langues, et qui ait eu plus de lecteurs que ces recueils de contes, et surtout le dernier, dont s’est amusée notre enfance, et qui, dans un âge plus grave et plus sérieux, nous offre encore bien souvent un délassement et un remède contre l’ennui? Que l’on nous vante l’antiquité et la sagesse des lois de Menou, la grave et sentencieuse obscurité des livres sacrés de la Chine, l’éloquence majestueuse et plus qu’humaine de l’Alcoran, la divine épopée de Valmiki, les chants sublimes d’Homère lui-même, ou les célestes méditations de Platon; aucun de ces monuments de l’esprit humain ne saurait rivaliser, sous le rapport dont il s’agit, avec deux livres qui pourtant n’ont produit dans le monde aucune révolution, et qui n’ont ni fait couler le sang, ni armé secte contre secte, nation contre nation.
La fortune de ces deux livres, semblable sous ce rapport général, offre pourtant des différences notables. Le premier, comme les Pyramides d’Egypte, semble avoir lassé les efforts destructifs des siècles : sa patrie primitive est connue, on pourrait croire que la date de sa composition remonte à l’origine des temps historiques….
…L’autre livre, les Mille et Une Nuits, sans avoir jamais occupé une place distinguée dans la littérature de l’Orient; incapable même, par le style dans lequel il est écrit, de prendre rang entre les modèles de l’éloquence et du bon goût; inconnu parmi nous jusqu’au siècle qui a précédé celui où nous vivons ; n’offrant aucun but moral ou philosophique; contant, enfin, uniquement pour le plaisir de conter, a, en quelques années, rempli l’Europe de sa renommée. Son succès, croissant de jour en jour, n’a rien souffert des caprices de la mode, ni du changement de nos habitudes. Le drame de Schiller a pu supplanter la tragédie surannée de Sophocle et de Corneille; un déluge d’indigestes souvenirs, ou frivoles, pour ne rien dire de plus, ou recueillis et rédigés sous l’influence des passions, imposer silence à l’impartiale et sévère muse de l’histoire ; la science des Bodin et des Montesquieu, l’art des Sully et des Colbert, devenus le domaine de tous, et désormais sans mystères, remplacer, dans nos écrits comme dans nos salons, l’enjouement et la gaieté : les Mille et Une Nuits ont toujours eu des éditeurs et des lecteurs, et l’on n’a jamais cessé de redemander à l’Orient ce qui manquait à cette longue suite de contes. Bien plus, leur nom magique a servi d’escorte et de convoi à une prodigieuse importation de marchandises de contrebande, sans que les Mille et Une Nuits aient rien perdu de ,leur popularité et de leur faveur….
Extraits de la dissertation sur les Mille et une Nuits par M. Le Baron Sylvestre de Sacy. 1861.

Mille et une nuits vue par La Harpe :

Le merveilleux de la féerie, les péris des Persans, les gines des Arabes, le pouvoir des génies et des talismans, toutes ces fictions de la théologie des Orientaux, fondées sur la croyance d’êtres intermédiaires entre Dieu et l’homme, qui a été commune à toutes les nations, quoique avec différents caractères, sont le fond de ces contes dont les traductions qui parurent dans le dernier siècle étaient la suite et la preuve de l’encouragement donné à l’étude des langues orientales par Louis XIV, qui encourageait tout. On peut les rapprocher de la classe des romans, comme appartenant à l’imagination. Il est vrai que ce genre de merveilleux en est l’abus ; mais l’agrément fait tout pardonner. On sait que l’Orient fut le berceau de l’apologue, et la source de ces contes qui ont rempli le monde.
…C’est à Galland et Petis de La Croix que nous avons l’obligation (et c’en est une véritable) de nous avoir fait connaître les contes arabes et persans. Le premier a écrit avec une grande négligence ; le second, avec plus de correction, et tous deux avec du naturel. Au reste, il n’y a peut-être personne qui n’ait entendu raconter ce qui arriva au traducteur des Mille et une Nuits, quelque temps après la publication de son premier volume, où il répétait si souvent : Ma chère sœur, si vous ne dormez pas, contez-moi un de ces contes, etc. Quelques jeunes gens, que cette répétition continuelle avait impatientés ( et ils n’étaient pas les seuls ) , imaginèrent d’aller réveiller ce pauvre Galland au milieu d’une nuit d’hiver, en criant de toute leur force sous sa fenêtre :

 » M. Galland! M. Galland! Il ouvre enfin la fenêtre, et demande ce qu’on lui veut. M. Galland, n’est-ce pas vous qui nous avez donné ces beaux Contes arabes? – Oui Messieurs, c’est moi.— Eh bien ! M. Galland, si vous ne dormez pas, contez-nous un de ces contes, etc.  »
Extraits : Cours de littérature ancienne et moderne tome IX. par J.F. Laharpe -1825.

La continuation des Mille et une Nuits

Avant de parler de la continuation des Mille et une Nuits qu’on publie aujourd’hui, il est nécessaire de dire quelque chose de l’original arabe, et de la partie déjà traduite par M. Galland.
Les manuscrits complets des Mille et une Nuits sont rares, non-seulement en Europe, mais même en Orient ; et tous ne se ressemblent pas exactement. La Bibliothèque Impériale de Paris possède deux exemplaires des Mille et une Nuits, qui sont tous deux fort incomplets…
La suite….

Avec nos remerciements à : ebooksgratuits.com.

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