Joseph Vadé.
Joseph Vadé, naquit à Ham, en Picardie en 1719. Vadé avait disait-on un caractère bouillon et vif. A l'âge de vingt ans il obtint un emploi de contôleur du vingtième à Soisson puis à Laon où il se fit remarquer par son esprit et sa verve. En 1743 il quitta Laon pour aller s'établir à Rouen où il devint secrétaire du Duc Agenois. A cette époque Vadé se révéla au public par des poésies gracieuses. Une de ses pièce fut adressée à l'intendant de Soisson. Dont voici un extrait :
Supplication Faite à l'intendant de Soisson.
Au mois d'Août 1745.
Je suis parrain d'une filleul de seize ans:
Chrétien il est, en foi de mes sermens,
Et par ainsi Satan, l'antibaptême,
Plus n'y prétend, suivant le Saint système,
Enfans d'Adam, par l'Église lavés,
Deviennent nets, et tout droit sont sauvés.
Ce point posé, question est d'un autre
Et qui dépend, Seigneur, du pouvoir vôtre.
C'est à savoir que mon filleul Gomart
Gissant à Ham, et comme moi Picard,
Craignant du sort la traîtresse malice
A peu de goût pour tirer la milice.
Pas ne convient à tous d'être guerriers.
Pour vos pareils sont plantés les lauriers;
Mars les dispense à ses soldats d'élite,
Phœbus les donne à l'esprit, au mérite ;
...........................................................
Dans vos États, je fus jadis heureux :
Renouveliez, dans mon filleul que j'aime,
Cette bonté, qui pour moi fut extrême,
En l'exemptant du dangereux bonheur
D'aller mourir; c'est pour lui trop d'honneur.
Mieux lui convient de jouir de la gloire
De célébrer longtemps votre mémoire
Et de chérir le joug de votre loi.
Il vous devra, Seigneur, autant qu'à moi.
J'ai du bourbier su dépêtrer son âme.
Sauvez son corps du fer et de la flâme.
Vadé était un fabuliste aimable, chantre de pastorales amoureuses, original plein de verve et de gaieté, il se montrer à nous sous un jour où se révéleront la franchise et la loyauté de son caractère.
Dans ces quelques vers il avoue qu'il est fumeur, et qu'il aime à boire:
Je suis un Narcisse nouveau
Qui s'aime et qui s'admire,
Mais dans le vin et non dans l'eau
Sans cesse je me mire ;
En y voyant le coloris
Qu'il donne à mon visage,
De l'amour de moi-même épris.
J'avale mon image.
Collé, dans son Journal historique, lui a consacre la notice suivante :
" Juillet 1757. Le 12 ou le 13 de ce mois mourut le pauvre Vadé , dans des souffrances affreuses, après avoir essuyé quinze jours avant l'opération la plus douloureuse; sa mort m'a fait une peine infinie. Il avait le cœur honnête et était désintéressé au point d'avoir sacrifié à l'établissement d'une partie de sa famille ce qu'il avait retiré de ses ouvrages, et de n'avoir rien placé pour lui. Ce garçon était d'un caractère doux et aimable; il chantait fort joliment, surtout ses chansons poissardes, ou le vaudeville qui avait quelque caractère. Il n'avait pas fait ses études et ne savait rien d'ailleurs; il n'avait même pas lu tous les théâtres et les autres auteurs qui ressortissaient à son art. Je l'ai pressé bien des fois de faire une étude particulière de tous ces livres qui pouvaient augmenter et étendre son talent et de se retirer de la vie dissipée qu'il menait....
...il aimait le jeu à la fureur, et on m'a assuré que cette passion n'a pas peu contribué à lui brûler le sang, qu'il n'avait-pas déjà trop pur pour avoir vécu avec toutes ces coquines de l'Opéra-Comique....."
Vadé est mort à Paris le 4(?) juillet 1757. Fatigué par un travail incessant et aussi et par les ardeurs d'une jeunesse fougueuse. Vadé mourut comme il avait vécu, aimant les femmes et aimant aussi et avant tout sa famille, à la prospérité de laquelle il sacrifia toute sa fortune. Il laissa une fille Melle. Vadé.
Fables :
L'Ecolier et la Férule.
Le Miroir et la Vérité.
Les deux Nageurs.
Le Singe, le Lapin, et le Mouton.
Le carosse et le Moulin à vent.
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