Le Moucheron et la Mouche.     

Sur la fin de l'automne,
Quand les premiers frimas font déserter Pomone,
Un moucheron fut saisi par le froid.
Au point du jour il découvrit un toit
Où de Pâtre déjà s'élevait la fumée.
D'une aile, alors par l'espoir ranimée,
Il vole et va chercher un gîte en cet endroit.
Porte, fenêtre, hélas ! toute entrée était close;
Sont étourdis comme des hannetons. »
La mouche à peine avait fait ce reproche.
Que l'enfant du logis de la fenêtre approche.
Ce garçon sur le doigt agaçait un moineau.
Il voit la mouche, et zest, en fait fête à l'oiseau.
Tout effrayé le moucheron s'envole;
De sa mauvaise nuit le pauvret se console,
Et le soleil amenant un beau jour.
De son bonheur il se vante à son tour.
Gardons-nous de compter sur notre savoir-faire.
Aux accidents de sa condition
Qui peut toujours se soustraire?
Si l'on se perd par la présomption,
On peut avoir la fortune contraire
Par trop de précaution.





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