Léon Riffard .

 

Léon Riffard né en 1829 décédé ?
Préface :

Il est difficile et peut-être dangereux de publier des fables après La Fontaine. Et pourtant, malgré les écueils, il n y a pas de genre plus vivant et plus souriant que la fable. Enfermer dans un cadre étroit un petit drame, et, d'un trait juste et fin, dessiner un tableau ; ici, composer une épopée en raccourci, et la, un paysage en miniature; donner la vie à des personnages divers, vrais comme la réalité, et charmants comme la fantaisie, faire trotter la fourmi et chanter la cigale, rugir le lion et bourdonner l'insecte ; au milieu de ce tumulte des voix humaines, si souvent confuses et discordantes, évoquer, comme un sage de l'Inde, le bon vieux temps ou les bêtes parlaient, elles aussi, et disaient aux hommes d'excellentes choses; animer les arbres, les piaules, les pierres elles-mêmes et tirer des cailloux du chemin une étincelle de vérité ; entourer les acteurs de celle comédie à cent actes du décor éternel de la nature, peindre d'un mot les eaux vives et transparentes, les bois, les champs, les prés, le ciel et la terre :

Qui ne prendrait ceci pour un enchantement ?

être, avec cela, un moraliste sans aigreur, mais non sans malice; joindre le précepte au conte, et instruire, sinon corriger, ses lecteurs en les amusant : s'adresser du même coup aux enfants qui soni déjà de petits hommes, et aux hommes, qui sont parfois de grands enfants; se laisser aller ilevant eux et avec eux au- charme de la rêverie, et, partant du sujet le plus humble, le plus terre à Ierre, monter d'un vol insensible et léger vers les beaux nuages, voilà tout ce que la fable permet, ou plutôt tout ce qu'elle a permis à La Fontaine, mais ce que nous ne pouvons espérer ni essayer, nous autres, qu'après lui, d'après lui, et jamais comme lui.

M. Riffard ne s'est pas laissé décourager par le maître inimitable. Il a pensé sans doute, comme l'écrivait La Fontaine à son arni le bon chanoine Maucroix, que

Ce champ ne se peut tellement moissonner

Que les derniers venus n'y trouvent à glaner.

Il y a glané à son tour et fait sa gerbe. Il faut le louer de sa récolte et le remercier de son présent. On nous dit que M. Riffard est sous-préfet de Mantes « la Jolie » à la manière de celui d'Alphonse Daudet, que les bois appellent, que les violettes attirent, que le vieux merle du jardin de la sous-préfecture connaît pour n'être pas méchant, et qui fait des vers en se rendant à un comice agricole. Au vrai, pourquoi un sous-préfet ne serait-il pas, à ses moments perdus, un fabuliste? « Ces deux emplois sont beaux » et il n'y a pas incompatibilité. La Fontaine était maître des eaux et forêts à Château-Thierry, quand il commençait, tout en remplissant tant bien que mal ses fonctions, à rêver ses fables. Les eaux et les forêts ont dû l'inspirer de bonne heure, à son insu, et sa charge n'a pas nui à sa vocation. Bien que M. Riffard soit sous-préfet, ou peut-être à cause de cela, il s'est interdit la fable politique. Il y a cependant plus de politique qu'on ne croit dans les douze livres de La Fontaine. Et, de nos jours encore, en prenant au- maître, pour les habiller à la moderne, quel-ques-uns de ses personnages, toujours vivants, compère le renard, par exemple, normand ou gascon, ne pourrait-on pas, très honnêtement, en toute décence, mais en toute franchise, imaginer des fables politiques qui ajusteraient à nos idées et à nos travaux le vieil apologue ?

Le monde n'a jamais manqué de charlatans.

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  • Extrait du Journal des Débats (21 mars 1882).
  • Contes et Apologues / Léon Riffard ; illustrés de 150 dessins dont 12 portraits de contemporains par Frédéric Régamey.

 



 

Fables :

 

Luciole.
Le Pêcheur en eau trouble.
L'Enfant et la Cigale.
La Pluie et le Soleil.
Le Mistral et le Nuage .
La revanche de la Fourmi.
Polichinelle et Apollon .
La revanche de la Cigale.
La Durance et le Paysan.
Blue kisses.
Boutade.
La Cruche.



Articles et fabulistes à voir...
Portrait biographique de Jean de La Fontaine . Sa jeunesse.
— Jean de la Fontaine naquit, le 8 juillet 1621, à Château-Thierry. Son père était maître des eaux et forêts, et sa mère, Françoise Pidoux, fille d'un bailli de Coulommiers. Son éducation paraît avoir été fort négligée; on lui laissait lire, à l'aventure, tout ce qui lui tombait sous la main; et, de bonne heure, il prit l'habitude d'obéir à son caprice ou aux impressions du moment. Quelques livres de piété prêtés par un chanoine de Soissons ayant ému son imagination, il crut d'abord qu'il avait du goût pour l'état ecclésiastique ; et, vers sa vingtième année, il entrait à l'institut de l'Oratoire, puis au séminaire de Saint-Magloire, à Paris1. Mais il s'aperçut vite de sa méprise, et en 1641 revint chez son père, la suite....

La continuation des Mille et une Nuits.
Avant de parler de la continuation des Mille et une Nuits qu’on publie aujourd’hui, il est nécessaire de dire quelque chose de l’original arabe, et de la partie déjà traduite par M. Galland.
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La Moralité de chaque Fable de La Fontaine développée et prouvée par un trait historique ou biographique.
En publiant le La Fontaine en action, nous n'avons qu'un but, c'est de vulgariser l'admirable morale des maximes du grand fabuliste, en les appuyant d'un exemple qui les fixe plus facilement et plus profondément dans l'esprit des jeunes gens ; c'est en un mot de leur venir en aide pour qu'ils fassent d'eux-mêmes l'application de la règle, et profitent des excellents conseils de cet écrivain immortel. Les exemples choisis, se rapportant pour la plupart aux grands faits historiques , la suite....

Origine des fables de Jean de la Fontaine.
Je n'hésiterais donc pas à regarder comme empruntés par La Fontaine tous les sujets qu'il renferme et que l'on retrouve dans les six premiers livres de notre fabuliste, si Phèdre et Horace n'en réclamaient pas un certain nombre : ce n'est pas sans balancer que j'indique les quatre fables suivantes comme ayant leurs sources dans les satires et dans les épîtres du lyrique latin.. la suite....

Franc-Nohain:
Maurice Étienne Legrand, dit Franc-Nohain, né le 25 octobre 1872 à Corbigny et mort le 18 octobre 1934 à Paris, avocat, sous-préfet, écrivain, librettiste, poète.
Il choisit Nohain comme nom en hommage au cours d'eau traversant Donzy, lieu de ses vacances d'enfance. Avec André Gide et Pierre Louÿs , il fonde "Potache revue" la suite.... .

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