Un de ces campagnards pour qui tout est nouveau.
Et qui n'ont vu que leur hameau,
Avait appris, par aventure,
Qu'un verre bien poli , qu'on appelait miroir,
Présentait à chacun sa fidèle peinture.
Ce fait le surprit fort; il courut pour s'y voir.
Mais à peine a-t-il vu sa triste et large face
( C'étaitun homme des plus laids),
Que ne pouvant penser que ce fussent sestraits,
Il crut que le miroir lui faisait la grimace,
Et de lui se moquait exprès.
Trompé par cette idée, il se fâche, il s'agite,
Il se démène, il se dépite,
Et le miroir de répéter
Tous les gestes qu'il lui voit faire.
Quoi! tu viens encor m'insulter!
Dit alors notre homme en colère,
Me prends-tu donc pour un oison?
Attends, attends, je vais te mettre à la raison.
A ces mots, transporté de rage,
Et voulant se venger de ce nouvel outrage,
Sur la glace il décharge un grand coup de bâton;
Maisc ette fureur inutile,
Bien loin de le venger, combla son désespoir;
D'abord il n'avait qu'un miroir,
Dans un moment il en eut mille
Qui, venant tour à tour lui tracer son portrait,
Le firent dessécher de honte et de regret.
Pour se venger d'un vain outrage,
On s'attire de vrais malheurs;
Et quand on se roidit contre le badinage,
On ne fait qu'augmenter le nombre des railleurs.
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"J'aime le jeu, l'amour, les livres, la musique,-
La ville et la campagne, enfin tout; il n'est rien-
Qui ne me soit souverain bien, -
Jusqu'au sombre plaisir d'un coeur mélancolique ?"
Saadi disait : " Si la peste donnait des pensions, la peste trouverait encore des flatteurs et des serviteurs".
lorsqu'on n'a pas ce que l'on aime. - Il faut aimer ce que l'on a." 




