Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
G. Duplessis - 1851.
Marie de France.
Marie de France.
Marie naquit en France, comme l'indique son nom ; mais elle a laissé ignorer dans quelle province elle avait reçu le jour et les raisons qui l'avaient déterminée à passer en Angleterre, où elle a composé tous ses ouvrages. Il y a cependant tout lieu de croire que Marie était née dans la Normandie. On voit par les notes jointes aux Œuvres de Clotilde de Surville, publiées en 1 826 par MM. Charles Nodier et de Roujoux, que M. de Surville a fixé (on ne sait d'après quels documents) la naissance de Marie de France en 1200, et sa mort en 1268. Il est à regretter que les écrits de cette femme célèbre n'aient jeté aucune clarté sur sa vie privée sur le nom et sur le rang de sa famille.
Cette femme est l'une des premières de son sexe qui aient fait des vers français, et occupe un rang distingué parmi les poètes anglo-normands, dans les écrits desquels on devait espérer ,de trouver quelques renseignements sur ce qui la concerne; mais tous, à l'exception de Denys Pyramus, qui d'ailleurs en dit peu de chose, ont gardé un profond silence sur cette muse, bien supérieure à son siècle par ses lumières, par ses sentiments et par le courage qu'elle eut de dire lai vérité à des oreilles mal disposées ou peu accoutumées à l'entendre.
Les premières productions de Marie sont une collection de lais en vers français qui renferment plusieurs histoires ou aventures galantes arrivées à de vaillants chevaliers. Ces lais, qui sont au nombre de quatorze, se trouvent avec la traduction en prose dans le premier volume du recueil des poésies de Marie de France, publié en 1 820 par B. de Roquefort ; nous nous bornons à rapporter le prologue qui les précède.
Les fables de Marie, au nombre de cent trois, composées avec cet esprit qui pénètre les secrets du cœur humain, se font remarquer surtout par une raison supérieure, par un esprit simple et naïf dans le récit, et par une justesse fine et délicate dans la morale et les réflexions. On y retrouve cette simplicité de style particulière à nos romans anciens, et qui fait douter si La Fontaine n'a pas plutôt imité notre auteur que les fabulistes d'Athènes et de Rome.
La dernière production de Marie de France est le conte du Purgatoire de Saint-Patrice, traduit du latin et mis en vers français.
Les fables de Marie proviennent second volume du recueil de M. de Roquefort.