U
n habitant de l'Amérique
Voyageait en Europe. Il roulait voir de tout :
Cet Indien avait du goût.
Il observait, non pas la politique,
Mais le terroir, les fruits et le climat ;
C'est à quoi volontiers tout Sauvage s'applique ,
Plutôt qu'à régir un état.
Un jour étant en Angleterre
A parcourir la villa d'un milord,
Le jardinier le conduit à la serre. .
L'Indien entre, et dès l'abord
Il reconnaît avec transport
Les ananas, ce fruit de sa patrie,
Que l'européenne industrie,
Et notre luxe enclin à tout oser ,
Dans nos jardins veut naturaliser.
Il en prend un, l'ouvre, le sent, le goûte.
Oh oh ! dit-il, la forme et la couleur
M'avaient trompé ; mais, somme toute,
Notre ananas est ici sans saveur,
Et ne vaut pas ce qu'il y coûte.
Chaque territoire a sans doute
Sa vertu, sa propriété ,
Dont l'effet est ailleurs toujours mal imité.
Songeons à cette vérité
Quand de notre pays nous reprendrons la route :
Tel fruit, qui vient ici fort bien,
Peut-être là ne vaudrait rien.
L'Américain raisonnait juste,
Et son mot est un mot de poids :
En fait de mœurs, en fait de lois ,
Tout aussi bien qu'en fait d'arbuste,
Ne transplantons rien qu'avec choix.
I - Cassandre Prologue.
II - Le Père et ses deux Fils.
III - Le Chien mal secouru.
IV - Le Rat et l' Idole.
V - Le Coq déplumé.
VI - Le tresor et les souhaits.
VII - Le vautour et la tortue.
VIII - L'Aigle et le Pélican.
IX - l'émerillon et l'araignée.
X - Le Poirier et l'Epine.
XII - Les Ananas.
XIII - Les oiseaux de passage.
XIV - La génisse sacrifiée.
XV - Le siagos, le mage.
XVI - Les Fruits du Marché.
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"J'aime le jeu, l'amour, les livres, la musique,-
La ville et la campagne, enfin tout; il n'est rien-
Qui ne me soit souverain bien, -
Jusqu'au sombre plaisir d'un coeur mélancolique ?"
Saadi disait : " Si la peste donnait des pensions, la peste trouverait encore des flatteurs et des serviteurs".
lorsqu'on n'a pas ce que l'on aime. - Il faut aimer ce que l'on a." 




