F
able orientale tirée, du Ghulitan de Saadi.
Certain sultan de Babylône ,
Fraîchement monté sur le trône,
Voulut aller visiter son trésor :
Trésor formé par les soins de son père,
Qui n'avait fait qu'entasser or sur or,
Tandis que ses sujets vivaient dans la misère.
Un vieux visir du feu roi,
Conservé dans son emploi.
Malgré l'usage ordinaire,
Guida le prince, et muni d'un flambeau
Le conduisit au caveau.
C'est là qu'une citerne imknense
Offrit aux yeux du monarque étonné
Une inestimable chevance :
Jamais trésor ne fut mieux conditionné.
Grand dieu, qui me l'avez donné ,
S'écria-t-il avec surprise,
Daignez souffrir que je l'épuisé
En soulageant des malheureux ;
Et donnez-moi des jours assez nombreux
Pour n'y pas laisser une obole !
A cette admirable parole,
Le vieux visir sourit. Le roi l'interpella :
Visir, que veut dire cela?
Trouvez-vous mon souhait frivole ?
Je veux savoir pourquoi vous avez ri.
Pardon, seigneur, répond le visir attendri,
Votre souhait est digne qu'on l'admire ;
Mais voici ce qui m'a fait rire.
Je tne suis rappelé soudain
Qu'un jour le roi défunt m'ayant pris par la main,
Je descendis sur ses augustes traces
Dans ce superbe souterrain.
Le puits n'était pas encor plein ;
Il s'en manquait la valeur de deux brasses.
Je ris alors le roi prosterné pour prier ,
Et je l'entendis s'écrier :
Grand dieu, qui mesurez la vie,
Vous savez mes desseins, daignez les accomplir;
Ce puits est imparfait au gré de mon envie,
Laissez-moi vivre assez pour le remplir.
I - Cassandre Prologue.
II - Le Père et ses deux Fils.
III - Le Chien mal secouru.
IV - Le Rat et l' Idole.
V - Le Coq déplumé.
VI - Le tresor et les souhaits.
VII - Le vautour et la tortue.
VIII - L'Aigle et le Pélican.
IX - l'émerillon et l'araignée.
X - Le Poirier et l'Epine.
XII - Les Ananas.
XIII - Les oiseaux de passage.
XIV - La génisse sacrifiée.
XV - Le siagos, le mage.
XVI - Les Fruits du Marché.
Dans vos réponses soyez polis et affables. Ici vous êtes chez vous, ce site est fait pour vous, participez, réagissez, enfin faites comme chez vous. Merci.
blog comments powered by









"J'aime le jeu, l'amour, les livres, la musique,-
La ville et la campagne, enfin tout; il n'est rien-
Qui ne me soit souverain bien, -
Jusqu'au sombre plaisir d'un coeur mélancolique ?"
Saadi disait : " Si la peste donnait des pensions, la peste trouverait encore des flatteurs et des serviteurs".
lorsqu'on n'a pas ce que l'on aime. - Il faut aimer ce que l'on a." 




