A
ssis, au fond d'un bois solitaire où j'avais coutume d'observer les animaux, je voulus donner à une de mes fables cette parure vive et légère de la poésie sous laquelle La Fontaine fait paraître l'apologie; je méditais, je choisissais, je rejetais; mon front brûlait, et tous mes efforts étaient inutiles. Plein de dépit, je me levai avec précipitation, lorsque tout-à-coup la Muse de la fable m'apparut.
- Jeune disciple, me dit-elle en souriant, à quoi bon la peine que tu prends? La vérité a besoin des grâces de la fable ; mais pourquoi la fable aurait-elle besoin des grâces de l'harmonie? Tu veux donc assaisonner les épices?
C'est par L'invention que tu dois te montrer poète : quant à ton style, il doit être celui du simple historien.
- Je voulus répondre, mais la Muse disparut, Elle disparut! entends-je dire à un de mes lecteurs. Si tu veux nous faire illusion, tâche d'observer un peu mieux la vraisemblance: est-ce dans la bouche d'une Muse que tu devais mettre ces mauvais raisonnemens que ton incapacité te suggère ? Cette adresse, à la vérité, est assez ordinaire.
- Fort bien , mon lecteur; il ne m'est point apparu de Muse. Je racontais une simple fable dont tu as toi-même tiré ta morale.
Je ne suis pas le premier, ni ne serai le dernier, qui aura cherché à faire passer ses rêveries pour des oracles.
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"J'aime le jeu, l'amour, les livres, la musique,-
La ville et la campagne, enfin tout; il n'est rien-
Qui ne me soit souverain bien, -
Jusqu'au sombre plaisir d'un coeur mélancolique ?"
Saadi disait : " Si la peste donnait des pensions, la peste trouverait encore des flatteurs et des serviteurs".
lorsqu'on n'a pas ce que l'on aime. - Il faut aimer ce que l'on a." 




