La Fusée et l'Hirondelle.     

G

are! gare! je monte aux cieux » ,
Criait une fusée à trente pieds de terre,
En traçant dans les air» son sillon radieux.
— « Les deux sont un peu hauts, ma chère »,
Lui dit une hirondelle en la voyant si fière :
« Vous brillez, parce qu'il fait nuit;
Mais n'en déplaise à votre éclat suprême,
Vous vous élevez par autrui,
Vous retomberez de vous-même. »
Méprisant ce discours , que l'envie a produit.
La vive et brillante étrangère
Vole au séjour aérien :
Mais soudain, arrêtée en sa vaste carrière,
Elle serpente, tombe, éclate , et n'est plus rien.
- Messieurs les parvenus, qu'en mainte circonstance
A si bien servis le hasard.
Quoi qu'arrivés fort haut, un peu moins d'arrogance,
Et n'oubliez pas mon pétard.

 

** L'idée de celle fable est tirée des Journées au Village, de Ducray Dimini.



 




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