Analyses des fables .  

Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau.
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La Fontaine a mis a la fin de sa XVe fable, intitulée : La Mort et le Malheureux, une note qui confirme ce fait, sans que Despréaux y soit nommé
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Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants.
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Proverbes.
 " Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre."
Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore : Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée : Petit homme abat grand chêne. Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire, c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour allumer un incendie.
G. Duplessis - 1851.
 

 

 

 
Charles Batteux.


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La fable : LeVieillard et les trois Hommes. expliquée par Charles Batteux.

Un octogénaire plantait.
Passe encor de bâtir, mais planter à cet âge,
Disaient tois jouvenceaux, enfants du voisinage,
Assurément il radottait.

Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants.

Car, au nom des Dieux, je vous prie,
Quel fruit de ce labeur pouvez-vous recueillir ?
Autant qu'un Patriarche il vous faudrait vieillir.

Au nom des Dieux est affectueux, je vous prie est familier, labeur est poétique; qu'on essaye de mettre travail: patriache, familier encore.

A quoi bon charger votre vie
Des soins d'un avenir qui n'est pas fait pour vous ?

Il est difficile de dire mieux la même chose, et en moins de mots : charger, expression forte; charger votre vie, tour poétique.

Ne songez désormais qu'à vos erreurs passées :
Quittez le long espoir et les vastes pensées ;
Tout cela ne convient qu'à nous.

Le caractère du jeune homme est peint dans ce discours; le fond en est désobligeant. Songez à vos fautes tient de l'outrage. Quittez le long espoir et les vastes pensées.. Quels vers ! qu'il est riche , qu'il est armonieux ! quel champ d'idées pour le lecteur ! long espoir est un latinisme qui fait beauté. Tout cela ne convient qu'à nous : c'est la confiance du chêne.

- Il ne convient pas à vous-mêmes,
Repartit le Vieillard. Tout établissement
Vient tard et dure peu.

Cette maxime, très belles, très importante, est placée on ne peut mieux dans la bouche d'un vieillard d'une expérience consommée.

...............La main des Parques blêmes
De vos jours et des miens se joue également.

Blême fait image, c'est le pallida Mors d'Horace. Le poète a imité le reste de la pensée de l'auteur latin,

Est-il aucun moment
Qui vous puisse assurer d'un second seulement ?

C'est un raisonnement plein de philosophie, on voit avec quelle force il est rendu, et quel effet du mot seulement placé au bout du vers.

Mes arrière-neveux me devront cet ombrage :
Eh bien défendez-vous au Sage
De se donner des soins pour le plaisir d'autrui ?
Cela même est un fruit que je goûte aujourd'hui :
J'en puis jouir demain, et quelques jours encore ;



Il n'est rien de plus noble que ce sentiment que nos pères n'avaient travaillé que pour cela et pourquoi jouirions-nous ?

Je puis enfin compter l'Aurore
Plus d'une fois sur vos tombeaux.

Ce tour poètique donne un air gracieux et une pensée triste par elle même.

Le Vieillard eut raison ; l'un des trois jouvenceaux
Se noya dès le port allant à l'Amérique ;
L'autre, afin de monter aux grandes dignités,
Dans les emplois de Mars servant la République,
Par un coup imprévu vit ses jours emportés.
Le troisième tomba d'un arbre
Que lui-même il voulut enter ;
Et pleurés du Vieillard, il grava sur leur marbre
Ce que je viens de raconter.

Le caractère du vieillard se soutient jusqu'au bout. Il les pleura, quoiqu'ils eussent fait avec peu de respect: mais il pardonné la vivacité de leur âge : il gémit de les voir moissonnés. La Fontaine, développé par le Batteux.

* La fable : Le Vieillard et les trois Hommes - La Fontaine, développée par " Batteux".

A lire également :

Le Vieillard et les trois Hommes - La Fontaine



 







 

 

 



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