Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
G. Duplessis - 1851.
Krylov, Ivan Andréevitch
Krylov Ivan Andréevitch vu par Alfred BOUGEAULT - 1852.
Krylov Ivan Andréevitch, est le plus célèbre fabuliste Russe. On dit qu'il est le "La Fontaine" des fabulistes de langue Russe. Krylov est né à Moscou le 2 Février 1768 et décède à Saint petersbourg le 9 Novembre 1844.
Ivan Andréiéwitch Kryloff naquit à Moscou en 1768. Un coup d'œil jeté sur sa vie contribuera mieux que tout le reste à nous faire connaître à la fois 'homme et l'écrivain. On y trouvera la ressemblance la plus étonnante avec notre bonhomme La Fontaine ; et cette ressemblance n'est pas un plagiat, car Kryloff, comme La Fontaine, n'arriva que bien tard à connaître son vrai talent, qui était la fable. Comme le fabuliste français, son éducation fut négligée et se fit au hasard ; comme lui, il s'essaya d'abord dans bien des genres, surtout dans la comédie, et sans succès ; comme lui, il était distrait, insouciant, paresseux; comme lui, il n'avait aucun goût pour la vie de famille : il aimait à rêver, à manger, il négligeait tout soin de tenue et de toilette; comme lui enfin, c'était un esprit délicat et curieux, amateur passionné de la langue nationale, dont il est le représentant le plus original et le plus complet....
....La famille de Kryloff était pauvre ; aussi, dès l'âge de quatorze ans, quoiqu'il n'eût aucune instruction réelle, aucune spécialité, il lui fallut entrer au service : il devint écrivain de bureau auprès de son père, avec de minimes appointements. Depuis ce moment jusqu'aux dernières années de sa vie, il exerça presque constamment des fonctions publiques dans différentes administrations. Ainsi, après avoir servi en province à Tver, il fut placé à Saint-Pétersbourg au cabinet de l'Empereur. De 1789 à 1795, il commença à s'occuper activement de littérature : il écrivit son roman intitulé la Poste aux esprits. Il donna des articles à plusieurs journaux, au Spectateur, au Mercure de Saint-Pétersbourg....
...Si nous passons en revue la plupart des fabulistes célèbres, nous reconnaîtrons la justesse de cette remarque. Le Phrygien Ésope ressemble assez à un sage de la Grèce, avec une pointe de malice et de satire; l'Arabe Lockmann et l'Indien Bidpaï me font l'effet de ces graves figures orientales, tempérant, par l'ingénieuse allégorie, la sévérité de la morale. Phèdre, esclave avant d'être affranchi, avait eu le temps de réfléchir sur les misères de l'humanité. Qui fut plus philosophe que La Fontaine, dans l'acception pratique du mot?...
...A quatorze ans, il traduisit une fable de La Fontaine qui fut admirée de plusieurs connaisseurs : c'était comme un pressentiment de son avenir. A seize ans, il composa un opéra en trois actes et en prose avec couplets; il avait pour titre Cafeïnitsa, c'est-à-dire la Diseuse de bonne aventure par le café. Un libraire amateur lui en donna soixante roubles. Il ne s'attendait pas à un si brillant succès ; sa joie se traduisit par un redoublement d'ardeur pour la lecture; il pria le libraire de le payer en livres, et reçut de lui Racine, Boileauet Molière; sa vieille mère fut ravie quand elle apprit ce succès. Trente ans plus tard, alors qu'il était devenu célèbre, il retrouva son acheteur qui n'avait pas utilisé sa pièce et la lui rendit : ce fut avec un vif plaisir que Kryloff relut cet essai de sa première jeunesse.
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Fables de Krylov traduites du Russe par Hippolyte
Masclet 1828 - Livre I.