S
ur les bords du Shara, terre inhospitalière ,
Un Lion , à large crinière ,
Recevait les honneurs que reçoivent les rois.
Guidés par le désir de briller et de plaire,
Chaque matin, chez lui, maints animaux courtois
Venaient se présenter. Le prince débonnaire
A son petit lever les admettait parfois.
Or un jour que suivant l'usage,
Assemblés sur le seuil de l'antre redouté
Ils attendaient pour offrir leur hommage,
Le réveil de sa majesté,
Du réduit du Lion l'ours sort épouvanté.
Vite, vite, que l'on s'évade !
Amis, le monarque est malade.
Sa voix vient à l'instant de rugir de fureur,
Et ses sombres regards impriment la terreur.
Tout le cercle, à ces mots, déloge sans trompette.
Frissonnant des pieds à la tête
Comme s'il était aux abois,
Le daim dans les rochers va chercher sa retraite ,
Le singe , en gambadant, se sauve dans les bois.
Le Bouc seul , négligeant un avis salutaire,
Et de son zèle, un jour, voulant se prévaloir,
Ose affronter l'aspect du Lion en colère,
Et pénètre en ami dans le royal manoir.
Sa majesté , d'un œil où la colère est peinte,
L'examine , et lui dit : qu'est-ce donc que je vois ?
Qui te rend si hardi de forcer cette enceinte ?
Entre-t-on si matin dans la chambre des rois ?
Sire, répond le Bouc, c'est un excès de zèle
Qui m'amène en ces lieux. Je craignais pour vos jours :
Je vous savais malade ; en serviteur fidèle,
Je venais à l'instant vous offrir mes secours.
— Je me porte fort bien, et beaucoup mieux peut-être ,
Que ne le voudraient ceux qui viennent me soigner.
— Sire , je vais donc m'éloigner ,
Si votre majesté daigne me le permettre.
— Il n'est plus temps. Je veux enfin
Me venger de ton insolence.
Ta personne répand une odeur de bouquin,
Et ta longue barbe m'offense.
— Elle disparaîtra , Sire ; et pour sentir bon ,
Je coucherai, la nuit, sur des fleurs de mélisse.
— One barbe pareille ! O ciel ! le croirait-on ?
— A votre majesté j'en fais le sacrifice.
— Les ciseaux d'Atropos en feront mieux
justice, Odieux animal ! meurs ! et va chez Pl uton
Te faire raser le menton !
La prudence à la cour est la vertu du sage.
Il faut choisir son temps pour offrir son hommage ;
IL faut savoir aussi s'éloigner à propos.
Le calme chez les rois, ainsi que sur les flots ,
Est toujours voisin de l'orage.
Le Corbeau et le Renard.
La Guêpe et l'Abeille.
Hercule au Ciel.
Le Boeuf devenu vieux.
L'Ane Indiscret.
Le Carnaval.
Le Corbeau.
L'Ecureuil de Barbarie.
Le Lérot et les deux Lézards.
Le Lion et le Bouc.
Le Loup, le Bouc, et les deux Chiens.
Les Oiseaux et la clochette.
La Bougie et la Lanterne. (fable imitée d'Alberti.)
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La ville et la campagne, enfin tout; il n'est rien-
Qui ne me soit souverain bien, -
Jusqu'au sombre plaisir d'un coeur mélancolique ?"
Saadi disait : " Si la peste donnait des pensions, la peste trouverait encore des flatteurs et des serviteurs".
lorsqu'on n'a pas ce que l'on aime. - Il faut aimer ce que l'on a." 




