L'Amour et la Raison.    
D

u tems que la Raison était dans son enfance,
C'était nouveau jeu chaque jour :
La Raison partageait alors avec l'Amour
Mille plaisirs où régnait l'innocence.
Un jour d'été , dans un bois, à l'écart,
Ils goûtaient à loisir, le charme de l'ombrage ,
Ecoutant des oiseaux le gracieux ramage ,
Quand du jeu de Colin-maillard
Amour donna l'invention première.
Tirons au sort, dit le dieu de Cythère,
Pour voir à qui de nous il écheoira
D'être bandé. Sur le champ on tira :
La courte-paille en fit l'affaire.
L'Amour perdit, il se mit en colère.
Quand il fut appaisé , la Raison le banda ;
Puis, sans faire de bruit la belle s'évada.
L'Amour têta, chercha, courut de plaine en plaine,
Afin d'obliger la Raison
De tirer ses yeux de prison ;
Mais hélas ! sa peine fut vaine:
Le dieu des cœurs depuis n'a point vu la clarté ,
Et la Raison l'a toujours évité.







N'hésitez-pas à laisser des commentaires, de donner votre avis sur la fable ou l'article ; si vous le souhaitez répondez à ceux qui demandent des renseignements...
Dans vos réponses soyez polis et affables. Ici vous êtes chez vous, ce site est fait pour vous, participez, réagissez, enfin faites comme chez vous. Merci.

blog comments powered by