u haut des cieux une Buse effrontée,
En cercles répétés darde une basse-cour.
Et chaque Poule épouvantée,
Sans plus bouger, et presqu'asphixiée,
Attend son dernier jour.
De ce magnétisme effroyable
Cherche la cause qui voudra;
Toujours est-il plus véritable
Que les sommeils de l'abbé F***.
Forte de l'ascendant que son vol lui procure,
Et de l'effroi qu'elle aime à provoquer,
La Buse, un jour, cédant à sa nature,
Epouvantait la Poule avant de la croquer.
Un Chasseur aperçoit la bête dévorante ,
Et dit en lui donnant la mort :
Tu n'abuseras point de la loi du plus fort.
La Buse au poulailler tombe alors expirante
La volaille, à ce bruit, pousse des cris confus,
Chacun a retrouvé son pétulant ramage :
Quand les poltrons ne tremblent plus ,
Ils font toujours un grand tapage.
Ils sont aussi lâches que bas , :
Et la mort d'un vaincu par leur rage est souillée.
Insulter l'ennemi qu'un autre a mis à bas,
C'est bien le trait d'une poule mouillée.
Fables d'Etienne Gosse, Membre de la société Philotechnique.
Paris - 1818.
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