La Cigale et les autres Insectes.    
I

nsectes paresseux! sur l'herbe et sur les fleurs
Je vous vois promener sans cesse
Une inutile vie et d'oisives erreurs.
Que ne m'imitez-vous ? Jamais de la paresse
N'approchent de moi les langueurs.
Dès le matin, sur ces ormeaux perchée,
"Et sous leur feuillage cachée,
Tandis que l'été dure, à l'écho de ces lieux
Je donne à répéter mes chants harmonieux.
Ainsi, non sans aigreur, parlait une Cigale
Aux Insectes divers dont un champ était plein :
Puis elle reprenait l'uniforme refrein
De sa chanson toujours égale.
L'un d'eux lui répondit enfin :
Trop infatigable ouvrière,
Avant de nous blâmer avec tant de fracas,
Tu devrais nous montrer à quoi sert ici-bas
Ce bruit aigu que tu sais faire ;
Car, à te parler franc, nous ne le voyons pas.
Poètes mes amis, de nos rimes futiles
Tirons un peu moins vanité.
Pour quelques légers riens sommes-nous des Virgiles?
De quel fruit sont nos chants à la société?
Pour censurer l'oisiveté,
Il faut, par des travaux plus grands et plus utiles ,
Avoir instruit, charmé et servi l'Humanité.

Fables de Pierre-Louis Ginguené :
Prologue.
Le vieux Rossignol.
La Chouette et l'Alouette.
La Cigale et les autres Insectes.
Le Vieux pêcher.




N'hésitez-pas à laisser des commentaires, de donner votre avis sur la fable ou l'article ; si vous le souhaitez répondez à ceux qui demandent des renseignements...
Dans vos réponses soyez polis et affables. Ici vous êtes chez vous, ce site est fait pour vous, participez, réagissez, enfin faites comme chez vous. Merci.

blog comments powered by