Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
G. Duplessis - 1851.
Les fabulistes, Gellert, Christian, Furchtegott.
Gellert, Christian, Furchtegott.
fabuliste et moraliste allemand.
Gellert, est un poète très célèbre en Allemagne. Il naquit le 4 Juillet 1715 à Haynichen (Saxe). Gellert était le cinquième fils du Pasteur Christian Gellert. A l'âge de treize ans il composa son premier essai litteraire. En 1729, Gellert entreprit des études universitaires à l'école de Meissen. En 1734 il entra à l'université de Leipzig où ses professeurs furent, Hoffman, Christ, Depp et Jaecher. Gellert était un enfant timide et manquait de mémoire ce qui affecta son éloquence. Cependant , il fut quelques temps après, chargé de faire l'éducation des enfants de Lüttichau ce qui lui procura une certaine assurance et une aisance.
Goethe disait: « Gellert aurait donné toute sa journée s'il avait voulu contenter tous ceux qui désiraient le voir de près. » A Leipzig, en 1741 il reprit la lecture des anciens; Cicéron, Sénèque, Quintilien et il apprit le français.
C'est à cette époque qu'il écrivit dans les "Bremische Beitraege" "Nouvelles de Brême" que publiaient quelques amis . Dans les "Nouvelles de Brême" les écrits de Gellert étaient très recherchés et appréciés et ils furent même traduits dans plusieurs langues. En 1744 il obtint le titre de Maître es Art après avoir soutenu une thèse intitulée " Dissertatio de Poesi Apologorum eorumque scriptolibus".
La publication du recueil de fables de 1746 à 1748, lui attira la critique, en l'accusant d'avoir imité La Fontaine. Gellert se défenda farouchement contre cette accusation. En écrivant mes fables , je n'écoutais que ma seule inspiration, disait-il. En ajoutant " Lorsque je travaillais à la première partie de mes fables, je connaissais le fabuliste français; mais je ne savais pas assez la langue pour goûter toutes les finesses de sa poésie. En le copiant, je lui restai inférieur; en créant, à mon tour, je ne me flattais point de l'atteindre jamais."
Dans les dernières années de sa vie , Gellert, fut la proie d'une hypocondrie qui affecta ses facultés intellectuelles. Un des grands événements de sa vie , se fut son entrevue avec Frédéric le Grand. Celui-ci avait manifesté le désir d'entendre quelques-unes ses poésies. Gellert lui récita la fable :Der Maler ( Le Peintre). Ainsi , Gellert donna au monarque une meilleure opinion de la littérature allemande et dissipa quelques-unes des idées préconçues que le roi avait contre les écrivains de son pays. Frédéric jugea favorablement le caractère de Gellert, " C'est le plus raisonnable de tous les savants allemands" disait-il.
Gellert se battait avec vaillance contre sa maladie, mais en vain. Son hypocondrie le conduisit au tombeau. Gellert meurt à Leipzig le 13 décembre 1769.
Ses fables resteront pour la postérité.
Les fables de Gellert ont été traduites en prose par Toussaint en 1768.