Le singe et le Pérroquet.    

D

ans le même logis , un singe, un perroquet,
Un peu fripons de leur nature ,
En bons amis vivaient à l'aventure ;
L'un par son éternel caquet,
L'autre par maintes gentillesses ,
Plaisaient à tous, de tous avaient caresses.
Le malin perroquet, friand comme Ververt,
Un jour, après certain dessert,
Vit Bertrand s'allécher d'un pot de confiture :
« De ton talent, dit-il, tirons usure : »
Maître Bertrand avait des yeux d'Argus ;
Les bons morceaux étaient bien son affaire ;
Mais sur ce point, enfin, disons motus.
Ensemble faisant ordinaire ,
A qui mieux mieux complaisans et soumis ,
Partout en commensaux on les avail admis.
Alors d'un même avis, dans ce cas d'importance,
On régla les moyens de doubler la pitance ;
Ce qui fut signé, bref, par droit d'égalité.
Après des si, des mais, comme c'est l'ordinaire,
Nos deux reclus, à l'unanimité ,
Conclurent, terminant cette Catilinaire ,
Que leur hôte n'était qu'un être pécunieux ,
Un égoïste enfin des plus fastidieux.
L'on dit même qu'avant de lever la séance ,
On conçut le projet d'attaquer la finance.
Combien d'êtres, hélas !
Souvent, en pareil cas ,
De la plus noire ingratitude
Se sont fait une habitude.




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