Analyses des fables .

Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau.
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La Fontaine a mis a la fin de sa XVe fable, intitulée : La Mort et le Malheureux, une note qui confirme ce fait, sans que Despréaux y soit nommé
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Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants.
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Proverbes.
 " Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre."
Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore : Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée : Petit homme abat grand chêne. Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire, c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour allumer un incendie.
G. Duplessis - 1851.
 

 

 

 
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 Le Derviche et le Ruisseau.



Un ruisseau, frais enfant d'une source cachée,
Promenait sur les fleurs son humide cristal :
L'herbe au pied du miroir n'était jamais penchée ;
Il y versait la vie à flot toujours égal.
Harmonieux passant, son mobile murmure
Enchantait la Nature ;
Un doux frémissement, quand de ses molles eaux
Il mouillait les roseaux,
Avertissait au loin quelque nymphe altérée
Qu'un filet d'eau roulait sous les saules tremblans;
Et la bergère, au soir, dans la glace épurée,
Venait baigner ses pieds brûlans.
Un derviche dormeur, au fond de sa cellule,
Oubliant que sa soif y puise du secours-,
Las d'entendre le bruit de l'onde qui circule,
Pour prier ou dormir, veut en briser le cours :
Mais du ruisseau la pente est à jamais triacée ;
De la rive, où sa voix s'élève cadencée,
Rien ne peut détourner son tendre attachement.
Le dévot s'en irrite, il gronde, et lourdement
Au milieu du cristal jette une pierre énorme,
Criant: « Silence enfin ! Il est temps que je dorme ! »
Innocemment rebelle, arrêtée en courant,
L'onde à son tour s'offense, et vive, peu dormeuse,
Elle se change en cascade écumeuse,
Qui semble menacer de devenir torrent.
Le derviche effrayé se recule, s'agite

Etourdi du fracas que lui-même a causé;
Pour ses rêves pieux il cherche un autre gîte,
Regrettant son jardin sans fatigue arrosé.
Accablé de chaleur, il s'assied sur la route;
De son front irrité l'eau tombe goutte à goûte :
« Maudit ruisseau ! dit-il, me résister! frémir!
Murmurer quand je parle ! ah ! je sais des entraves
Qui rendront avant peu tes libertés esclaves! »
Et, rafraîchi d'espoir, il se met à dormir.
Mais, tandis qu'à plein cœur le derviche sommeille,
L'oiseau dans le buisson, la vigilante abeille,
Le vent qui fait tourner la feuille du bouleau,
Tout imite une voix soufflant à son oreille :
«Dormez en paix, mon père, et laissez couler l'eau. »











 

 

 



 

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