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Anatole de Ségur.

Le Coq, le Mouton et le Dindon.

Un jeune coq, las de traîner ses jours,
Solitaire et superbe au fond des basses-cours,
Dépouilla son humeur sauvage,
Et se choisit pour compagnon
Certain mouton du voisinage
Qui lui revenait fort d'humeur et de visage.
C'était un excellent mouton,
Honnête et douce créature 1,
Candide, sans malice, et bête outre mesure.
Bête, c'était fâcheux : mais il était si bon !
Il se faut contenter, c'est la loi de la vie.
Bien n'est complet sur terre, et même, esprit, bonté
Vont moins souvent de compagnie,
Que sotise et méchanceté!
Nos deux amis firent donc bon ménage,
Surtout dans le commencement.
Le mouton parlait rarement,
Et n'en pensait pas davantage2;
Mais il savait, point capital,
Écouter aussi bien qu'aucun autre animal.
Il écouta si bien, qu'à bout de patience :
" C'en est trop, dit le coq, je suis las de jaser!
Parler tout seul n'est pas causer3.
Voyez un peu la sotte engeance !
Cherchons un autre compagnon
Qui du ciel ait reçu plus d'esprit eu partage.
" Aussitôt notre coq (on va vite à cet âge)
Jeta son dévolu sur un jeune dindon,
Qui de loin lui semblait charmant de caractère,
De près, ce fut une autre affaire 4 !
C'étaient de sots discours et des airs fanfarons ;
Des extases sur son plumage,
Des mots, des cris, un caquetage,
A troubler tous les environs. Il ennuya de telle sorte,
Qu'il fallut le mettre à la porte ;
Et le chercheur d'amis, comprenant la leçon,
Se dit, en secouant la tête :
" Décidément j'aime mieux une bête,
Et je retourne à mon mouton, "

Commentaires sur la fable par l'Abbé O. Meurisse.

1 La Fontaine, dans la fable, le Cochon, la Chèvre et le Mouton, nous peint aussi ces deux derniers animaux comme créatures plus douces, bonnes gens.
2 Heureuse et spirituelle variante du fameux dicton : il ne dit rien, mais il n'en pense pas moins. '
3 Vers d'une charmante naïveté.
4 De loin c'est quelque chose, et de près ce n'est rien, a dit La Fontaine dans la fable : le Chameau et les Bâtons flottants.

  Des fabulistes et des conteurs :

 
  Jean-Pierre Claris de Florian :   Jean-Pierre Claris de Florian est né à Florian près de Sauve, dans les Cévennes, le 6 mars 1755, perd sa mère très jeune, probablement à l'âge de deux ans.
     Familier du château de Sceaux et protégé de Voltaire (son oncle). Lauréat de l'Académie, le 6 mars 1788, Florian atteignit le sommet de sa gloire en y entrant , remplaçant le cardinal de Luynes.
     Banni de Paris pendant la Révolution, il fut emprisonné sous la Terreur. Il échappera à la guillotine lors de la chute de Robespierre, puis relaché au 9 thermidor ; Un an après il mourut des souffrances endurées pendant son emprisonnement, il avait alors 39 ans.
     Florian a écrit, entre-autres plusieurs fables, preque aussi belles que celles de La Fontaine, des pièces de théâtre ainsi qu' une traduction de Cervantès.
   Malade, Florian meurt à Sceaux, le 13 septembre 1794 .

  Etienne Fumars :
Etienne Fumars, fabuliste français, né près de Marseille, le 22 Octobre 1743, décédé en 1806 à Copenhague. Professeur des belles-lettres françaises à l'Université de Kiel de cette ville. Auteur de fables et de poésies diverses

   Marceline DESBORDES-VALMORE (Marceline DESBORDES :      Marceline DESBORDES-VALMORE (Marceline DESBORDES , dame), femme poète, née à Douai, en 1787 , fut d'abord cantatrice (1806 à 1817) en province et à l'Opéra-Comique.
Devenue auteur, elle a écrit : Élégies et romances (1818), Poésies (1829), les Pleurs (1833), Pauvres fleurs! (1839), Contes en vers (1840), Bouquets et prières (1843). Elle a en outre publié quelques romans et volumes de prose. —Mme Desbordes-Valmore est morte le 23 juillet.
    Marie-Catherine Le Jumel de Barneville : ... est née en 1650 à Barneville. La comtesse d'Aulnoy est l'auteur des contes de fées, contes très agréables. Elle est la fille de Jumel de Barneville. Mariée à contre-coeur à François de la Mothe, comte d'Aulnoy suite à un arangement de famille , elle aura cinq enfants avec lui.
   Son mari, le comte d'Aulnoy fut accusé de lèze-majesté, enfermé et menacé de perdre la tête, avant qu'un de ses trois accusateurs , pris de remords, n'avoua la calomnie. Madame d'Aulnoy doit se réfugier en Angleterre pour fuir la justice. Elle revient en France en 1685 suite au pardon du roi Louis XIV.
   La comtesse était une belle femme avec beaucoup d'esprit, et une grande éloquence. Elle était la nièce de la célèbre madame Desloges et la mère de madame de Héere.....
 
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