L'Aigle et l'Oiseau-Mouche.

L'aigle disait à l'oiseau-mouche :
« De pitié ton destin me touche,
Pauvre Insecte emplumé1,
myrmidon des oiseaux2.
Il semble en te voyant que l'injuste nature
T'ait créé si petit pour souffrir tous les maux.
Le moindre grain de nourriture
Te paraît un pesant fardeau,
Et pour te renverser, chétive créature,
Que faut-il ? une goutte d'eau3 ! »
« Celui qui fait souffler l'orage,
Répondit l'autre en son langage,
Nous donne aussi de quoi lui résister :
Pour m'abattre, il suffit d'une goutte de pluie,
D'une feuille pour m'abriter. >
Dans sa providence infinie,
Dieu mesure à chacun sa dose de douleur
Selon sa force ou son génie :
C'est là l'histoire du malheur,
C'est là l'histoire de la vie 4.

 



 

.

Commentaires sur la fable par l'Abbé O. Meurisse.

1 Insecte emplumé, heureuse et frappante alliance de mots qui montre bien la pitié dédaigneuse de l'aigle. Le roi des oiseaux parle comme le lion, roi des animaux (Le Lion et le Moucheron, de La Fontaine), et comme le chêne, roi des arbres (Le Chêne et le Roseau).
2 Myrmidon des oiseaux, antonomase, pour dire le plus petit des oiseaux. Les Myrmidona (du grec fourmi) étaient un peuple d'origine grecque et d'une taille excessivement petite.
3 On sent que le poète, dans ces vers, marche sur les traces de La Fontaine : ce n'est qu'une belle et gracieuse imitation de la fable du Chêne et du Roseau.
4 En effet, Dieu, comme il le dit lui-même à l'apôtre saint Paul, mesure toujours sa grâce sur les épreuves, et la donne suffisante : Sufficit tibi gratia mea (II Ép. aux Corinthiens, XII, 9 ).
C'est la dernière leçon que nous recueillons en terminant ce choix de fables. Puissent tous ceux qui la liront s'en souvenir tous les Jours de leur vie! Elle les consolera et les empêchera do défaillir.


Fables :

Le Coq le mouton et le Dindon
Le Renard convertisseur
Les Enfants du vent
Les Enfants et le ruisseau
L'Aigle et l'Oiseau-Mouche
La Feuille et la Fleur
Articles et fabulistes à voir...
Portrait biographique de Jean de La Fontaine . Sa jeunesse.
— Jean de la Fontaine naquit, le 8 juillet 1621, à Château-Thierry. Son père était maître des eaux et forêts, et sa mère, Françoise Pidoux, fille d'un bailli de Coulommiers. Son éducation paraît avoir été fort négligée; on lui laissait lire, à l'aventure, tout ce qui lui tombait sous la main; et, de bonne heure, il prit l'habitude d'obéir à son caprice ou aux impressions du moment. Quelques livres de piété prêtés par un chanoine de Soissons ayant ému son imagination, il crut d'abord qu'il avait du goût pour l'état ecclésiastique ; et, vers sa vingtième année, il entrait à l'institut de l'Oratoire, puis au séminaire de Saint-Magloire, à Paris1. Mais il s'aperçut vite de sa méprise, et en 1641 revint chez son père, la suite....

La continuation des Mille et une Nuits.
Avant de parler de la continuation des Mille et une Nuits qu’on publie aujourd’hui, il est nécessaire de dire quelque chose de l’original arabe, et de la partie déjà traduite par M. Galland.
Les manuscrits complets des Mille et une Nuits sont rares, non-seulement en Europe, mais même en Orient ; et tous ne se ressemblent pas exactement. La Bibliothèque Impériale de Paris possède deux exemplaires des Mille et une Nuits, qui sont tous deux fort incomplets. la suite ...

La Moralité de chaque Fable de La Fontaine développée et prouvée par un trait historique ou biographique.
En publiant le La Fontaine en action, nous n'avons qu'un but, c'est de vulgariser l'admirable morale des maximes du grand fabuliste, en les appuyant d'un exemple qui les fixe plus facilement et plus profondément dans l'esprit des jeunes gens ; c'est en un mot de leur venir en aide pour qu'ils fassent d'eux-mêmes l'application de la règle, et profitent des excellents conseils de cet écrivain immortel. Les exemples choisis, se rapportant pour la plupart aux grands faits historiques , la suite....

Origine des fables de Jean de la Fontaine.
Je n'hésiterais donc pas à regarder comme empruntés par La Fontaine tous les sujets qu'il renferme et que l'on retrouve dans les six premiers livres de notre fabuliste, si Phèdre et Horace n'en réclamaient pas un certain nombre : ce n'est pas sans balancer que j'indique les quatre fables suivantes comme ayant leurs sources dans les satires et dans les épîtres du lyrique latin.. la suite....

Franc-Nohain:
Maurice Étienne Legrand, dit Franc-Nohain, né le 25 octobre 1872 à Corbigny et mort le 18 octobre 1934 à Paris, avocat, sous-préfet, écrivain, librettiste, poète.
Il choisit Nohain comme nom en hommage au cours d'eau traversant Donzy, lieu de ses vacances d'enfance. Avec André Gide et Pierre Louÿs , il fonde "Potache revue" la suite.... .

blog comments powered by    
 
Website templates