Proverbes et maximes de Charles Perrault.

Rien n'est plus dangereux que la fière alliance
Du courroux et de la puissance.
- le Lion enragé et la Chèvre.

Ceux-là seuls pour régner, ont de la passion,
Que possède une folle et vaine ambition.
- les Arbres et le Prunier sauvage.

Il faut, en fait d'amis, éviter la rencontre
De tout homme qui dit et le pour et le contre.
- l'Homme et le Satyre.

Le bonheur continu nous rend audacieux.
- le Mulet.

L'avare malheureux n'use pas davantage
Des biens qu'il a que de ceux qu'il n'a point.
- l'Avare.

Une beauté n'a que de vains appas
Quand l'esprit ne l'anime pas.
- le Renard et le Masque.

Trop de bonté dans les parens
Cause la perte des enfans.
- le Voleur et sa Mère.

L'homme sanguinaire et brutal
Croit avoir fait du bien, s'il n'a pas fait de mal.
- le Loup et la Grue.

Il faut toujours le céder au plus fort.
- l'Olivier et le Roseau.

A son profit ce n'est point se connaître,
Que de changer souvent de maître.
- l'Ane changeant de maître.

Changer la forme d'un empire,
C'est d'un état fâcheux retomber dans un pire.
- le Renard et le Hérisson.

Changer d'état est chose assez vulgaire;
Mais de changer de moeurs, cela ne se voit guère.
- la Fourmi

Souvent on cherche avec ardeur
Ce qu'on ne peut trouver que par un grand malheur..
- le Bouvier.

Le ciel est favorable aux voeux des gens de bien;
Aux méchans il n'accorde rien.
- Mercure et le Bûcheron.

De qui fait et de qui commande
La faute est également grande.
- le Maître et le Chien.

Tel veut du monde entier connaître le système,
Qui ne se connaît pas lui-même.
- l'Astrologue.

Jamais nous ne sommes contens
De ce qui vient à contre-temps.
- les Limaçons.

Qui diffère à se convertir
Voit souvent que la mort prévient son repentir.
- les deux Grenouilles voisines.

La cour fait peu d'hommes heureux, Quand même elle exauce leurs voeux.
- les Grives.

Sagement fait qui craint d'être trompé;
Mais souvent, quoiqu'on craigne,
On se trouve attrapé.
- les Rats et le Chat.

Par les méchans qui s'est vu maltraité,
Parmi les bons craint pour sa sûreté.
- les deux Chiens.

Si nous regardions bien les disgraces des autres
Nous nous plaindrions moins des nôtres.
- l'Ane, le Singe et la Taupe.

Souvent on donne ainsi ce qu'on ne saurait vendre.
- le Paysan et le Cavalier.

Pour fuir un léger mal, une faible douleur,
Souvent l'on tombe en un affreux malheur.
- la Chouette.

Toute chose fixe et durable
A ce qui dure moins est toujours préférable.
- la Corneille et l'Hirondelle.

Des grands périls quelquefois on se tire
Par la force de son bien-dire.
- le Cygne et l'Oie.

Ne comptons jamais sur les voeux
D'un ennemi perfide et dangereux.
- l'Ane et le Loup.

Une entreprise est mal conçue,
Quand on n'en voit pas bien l'issue.
- les deux Grenouilles.

Ainsi, quoiqu'ici-bas
Souvent de tous les biens nous regrettons l'absence,
L'espoir seul ne nous quitte pas.
- l'Espérance.

Souvent pour qui s'estime on n'a que du mépris.
- Mercure et le Sculpteur.

D'un même avis et d'un même conseil
L'événement n'est pas toujours pareil.
- les deux Anes.

Le principal n'est point de projeter,
C'est de savoir exécuter,
- les Rats.

Femme contrariante, envieuse et colère,
Ne quitte point son caractère.
- la Femme noyée et son Mari.

A qui du bien d'autrui veut te gratifier
Tu ne dois pas trop te fier.
- les deux Chiens et le Cuisinier.

De ce qui par toi-même à fin peut être mis,
Ne t'en remets à tes amis.
- l'Alouette.

De ce qui n'est pas profitable
La gloire n'est pas véritable.
- Jupiter et Minerve.

Il est souvent telle victoire
Qui, loin de l'augmenter, affaiblit notre gloire.
- le Sanglier et l'Ane.

Il n'est point de si belle chose
Qu'aisément dessus on ne glose.
- Momus.

Des grands seigneurs le voisinage
N'apporte aux petits que dommage.
- la Marmite d'Argile et celle d'Airain.

Avec le temps chacun devient habile.
- le Lion et le Renard.

Quoique sur soi l'on veille avec beaucoup d'étude,
On se corrige peu d'une vieille habitude.
- le Plongeon, le Buisson et la Chauve-Souris.

Tel de la mort rit et plaisante,
Qui tremble, qui frémit, dès qu'elle se présente.
- le Vieillard et la Mort.

 

De celui dont la pente est de nuire toujours,
On ne doit point espérer du secours.
- le Renard et la Ronce.

Qui du riche et du grand voit le péril extrême,
Aime le bien modique et la pauvreté même.
- l'Ane et le Cheval.

Élever un homme perfide,
C'est élever son homicide.
- la Poule et l'Hirondelle.

Des grands périls qu'on a courus,
On tire ce profit, qu'on n'y retombe plus.
- le Chien et le Loup.

Des temps, des lieux, bien souvent l'avantage
Des plus petits élève le courage.
- l'Agneau et le Loup..

De plaire à tous quiconque ambitionne,
Beaucoup se peine, et ne plaît à personne.
- le Père, son Fils et l'Ane.

Faire pleurer est beaucoup pire
Que de donner sujet de rire.
- la Pie et les Oiseaux.

Les poltrons n'ont jamais, pour calmer leurs alarmes,
Ni d'assez bons remparts, ni d'assez bonnes armes.
- le Cerf et le Faon.

Tout homme, s'il n'est hébêté,
Doit songer à l'hiver, quand il est en été.
- la Fourmi et la Cigale.

Quand un prince est rempli d'orgueil et d'avarice,
Il faut que son Etat périsse.
-l'Alouette et l'Oiseleur.

Un homme adroit, un homme sage
Tourne tout à son avantage.
- le Pourceau et le Chien.

Peu sont reçus les voeux et les victimes
D'un scélérat noirci de crimes.
- le Corbeau et sa Mere.

Pour tirer un ami d'une pressante affaire,
Point ne plaît, et peu sert le secours qu'on diffère.
- le Loup et le Renard.

Par de nouveaux mauvais offices, Souvent on perd le prix de ses premiers services.
- la Femme et le Médecin.

De loin contre le sort qui prépare son coeur,
Le dompte, ou le supporte avec plus de vigueur.
- le Renard et le Sanglier.

Pour sortir des périls où le hasard nous porte,
Il faut avoir plus d'une porte.
- la Chauve souris et la Belette.

Selon le temps et la rencontre,
On veut également et le pour et le contre,
- le Renard qui change de souhaits.

Pour ses amis quand un coeur n'est pas tendre,
L'étranger n'en doit rien atteindre.
- le Maître et ses Chiens.

Le traître fort souvent voit punir son offense,
Par celui qui devait lui donner récompense.
- l'Ane, le Renard et le Lion.

C'est le vrai droit du jeu de tromper le trompeur.
- le Chien, le Coq et le Renard.

N'est-ce pas une erreur extrême
De croire follement pouvoir tromper Dieu même?
- le Trompeur et Apollon.

Sous un tyran cruel n'est guère préférable
Le sort de l'innocent à celui du coupable.
- le Renard et le Singe.

L'usage nous rend tout facile.
- le Lion et le Renard.

Un traître a su nous outrager:
Si tout manque, le ciel saura nous en venger.
- le Renard et l'Aigle.

Qui ne voit goutte en son affaire,
Dans celles d'autrui ne voit guère.
- le Devin.

C'est un triste et fâcheux destin
Que d'avoir un méchant voisin.
- Jupiter et le Limaçon.

Veiller, prévoir, agir avec constance, Sur nous du ciel attire l'assistance.
- le Bouvier et Hercule.

Le discours est peu nécessaire
Quand il ne s'agit que de faire.
- le Fanfaron.

Si l'homme accomodé n'aide le malheureux,
Ils s'en trouveront mal tous les deux.
- le Cheval et l'Ane.

Du superbe ignorant, dès qu'il rompt le silence,
On voit l'orgueil et l'ignorance.
- l'Ane et le Renard.

Qui laisse l'assuré pour prendre l'incertain
N'a pas le jugement bien sain.
- le Chien et le morceau de Chair.

Jamais le ciel ne manque à punir les ingrats.
- la Vigne et la Vache.

Tel qui, pour le public, si l'on l'en croit, se tue,
N'a que son intérêt en vue.
- le Renard.

Louer en face, est une lâche ruse,
Et pour s'y laisser prendre il faut être bien buse.
- le Renard et le Corbeau.

Quand le coeur une fois se résoud à mal faire,
Rien ne saurait plus l'en distraire.
- le Chat et le Coq.

Le malheur nous ouvre les yeux.
- le Mulet.

Lorsqu'un malheur ne se peut éviter,
De bonne grâce il le faut supporter.
- la Mouche.

En fait de menterie,
Nul artisan n'approche du tailleur.
- Mercure.

Si mal le menteur se conduit,
Que par son discours seul souvent il se détruit.
- le Singe et le Dauphin.

Les grands emplois, selon qu'on s'en acquitte,
Font voir le degré du mérite.
- le Singe et le Renard.

Jamais ne pourront vivre ensemble
Ceux dont les moeurs n'ont rien qui se ressemble.
- le Foulon et le Charbonnier.

 



 

 

Les fabulistes, leurs provebes, dictons et maximes :

Goswin Joseph Augustin Stassart.
A. Naudet.
Antoine-Vincent Arnault

M. H. Agniel.
Aubert, "l'Abbé Jean-Louis".
Jean-Pierre Claris De Florian
Madame Joliveau.
Jean de la Fontaine
Le brun.
Le Noble.
Nivernais.
Charles Perrault
Maximes tirées du "Citateur des fabulistes Français" par L. Gallois - 1830.
Articles et fabulistes à voir...
Portrait biographique de Jean de La Fontaine . Sa jeunesse.
— Jean de la Fontaine naquit, le 8 juillet 1621, à Château-Thierry. Son père était maître des eaux et forêts, et sa mère, Françoise Pidoux, fille d'un bailli de Coulommiers. Son éducation paraît avoir été fort négligée; on lui laissait lire, à l'aventure, tout ce qui lui tombait sous la main; et, de bonne heure, il prit l'habitude d'obéir à son caprice ou aux impressions du moment. Quelques livres de piété prêtés par un chanoine de Soissons ayant ému son imagination, il crut d'abord qu'il avait du goût pour l'état ecclésiastique ; et, vers sa vingtième année, il entrait à l'institut de l'Oratoire, puis au séminaire de Saint-Magloire, à Paris1. Mais il s'aperçut vite de sa méprise, et en 1641 revint chez son père, la suite....

La continuation des Mille et une Nuits.
Avant de parler de la continuation des Mille et une Nuits qu’on publie aujourd’hui, il est nécessaire de dire quelque chose de l’original arabe, et de la partie déjà traduite par M. Galland.
Les manuscrits complets des Mille et une Nuits sont rares, non-seulement en Europe, mais même en Orient ; et tous ne se ressemblent pas exactement. La Bibliothèque Impériale de Paris possède deux exemplaires des Mille et une Nuits, qui sont tous deux fort incomplets. la suite ...

La Moralité de chaque Fable de La Fontaine développée et prouvée par un trait historique ou biographique.
En publiant le La Fontaine en action, nous n'avons qu'un but, c'est de vulgariser l'admirable morale des maximes du grand fabuliste, en les appuyant d'un exemple qui les fixe plus facilement et plus profondément dans l'esprit des jeunes gens ; c'est en un mot de leur venir en aide pour qu'ils fassent d'eux-mêmes l'application de la règle, et profitent des excellents conseils de cet écrivain immortel. Les exemples choisis, se rapportant pour la plupart aux grands faits historiques , la suite....

Origine des fables de Jean de la Fontaine.
Je n'hésiterais donc pas à regarder comme empruntés par La Fontaine tous les sujets qu'il renferme et que l'on retrouve dans les six premiers livres de notre fabuliste, si Phèdre et Horace n'en réclamaient pas un certain nombre : ce n'est pas sans balancer que j'indique les quatre fables suivantes comme ayant leurs sources dans les satires et dans les épîtres du lyrique latin.. la suite....

Franc-Nohain:
Maurice Étienne Legrand, dit Franc-Nohain, né le 25 octobre 1872 à Corbigny et mort le 18 octobre 1934 à Paris, avocat, sous-préfet, écrivain, librettiste, poète.
Il choisit Nohain comme nom en hommage au cours d'eau traversant Donzy, lieu de ses vacances d'enfance. Avec André Gide et Pierre Louÿs , il fonde "Potache revue" la suite.... .

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