Le Coursier et sa Mère.    

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n coursier venant de la guerre,
Contoit à madame sa mère ;...
Arrêtons-nous pour un moment.
Fut-il une dame Jument ?...
S'il en fût ! voyez l'héraldie ,
En Angleterre, en Tartarie :
On y met haut les râteliers : .
Malheur aux demi-roturiers ;
On prouve soixante quartiers ,
Pour entrer dans telle écurie.
Notre coursier disoit, maman ,
Il faut me voir dans la carrière :
J'effleure à peine la ponssière,
Et semble, en mon rapide élan ,
Un tourbillon , un ouragan.
Ah ! si vous voyez ma crinière
Se déployer au gré du vent !
Mon œil, comme il est flamboyant !
Il feroit pâlir la lumière.
L'écume qui blanchit mon frein
Couvre de perles le terrein ;
Et, ce n'est pas une chimère,
Car je le tiens de mes rivaux ,
II me sort du feu des naseaux.
Aussi crois-je que , de ma gloire ,
On a dû vous entretenir ;
Mais il me faut la soutenir.
A mon âge on ne peut dormir
Que dans le sein de la victoire.
Cherchons des lauriers à cueillir :
Si je pouvois orner ma tête ,
De celui qu'ici l'on apprête
A qui saura le mieux courir,
Je pourrois m'en enorgueillir.
Mon fils, ce sont des jeux d'adresse ,
Dit la Jument : il faut de l'art ;
C'est le fruit d'une école à part
La palme qui vous intéresse,
Un bidet peut vous la ravir ;
Abandonnez cette fumée
A ceux qui s'en voudront nourrir.
Quand , à la haute renommée ,
la fortune vous a conduit ;
Ce qui n'ajoute rien, détruit..





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