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n grave parapluie, un coquet parasol,
L'un vert et tout uni, l'autre rose et de moire,
Étaient dans le coin d'une armoire,
Dans leur fourreau tous deux enfoncés jusqu'au col.
Un matin, le premier qui songeait dit : « Écoute,
« Gentillet mon ami, tâche de m'expliquer
« Pourquoi, toutes les fois qu'il faut me mettre en route,
« J'ai le désagrément d'avoir à remarquer
« Un air peu gracieux chez notre demoiselle.
« Pourtant je suis rempli de dévoûment pour elle.
« Bah ! c'est son rhumatisme, ai-je bien longtemps dit ;
« Mais à la fin j'ai fait la remarque certaine
« Que lorsqu'elle te prend toujours elle sourit.
« Si ton emploi te donne quelque peine,
Le mien, tu l'avoûras, est bien plus fatigant.
« On me fait la grimace, est-ce de la justice?
« — Hé! père Le Mouillé, » répondit le fringant,
« Pas n est besoin de beaucoup de malice
« Pour voir d'où la chose provient.
« Quand la maîtresse doit requérir ton office,
« Le ciel est sombre, elle aussi. Tout se tient.
« Mais si c'est ton confrère auquel elle s'adresse,
« L'air est tout scintillant, et le beau temps lui plaît. »
Ce mot de parasol respire la sagesse.
Oui, trop souvent l'accueil qu'à son prochain l'on fait
Se ressent, avant tout, de l'humeur dont on est.
** Fables par Antoine Carteret - Paris 1862.
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La ville et la campagne, enfin tout; il n'est rien-
Qui ne me soit souverain bien, -
Jusqu'au sombre plaisir d'un coeur mélancolique ?"
Saadi disait : " Si la peste donnait des pensions, la peste trouverait encore des flatteurs et des serviteurs".
lorsqu'on n'a pas ce que l'on aime. - Il faut aimer ce que l'on a." 




