M
iaou ! miaou! » — « C'est la voix de Doucette, »
Dit un matou passant auprès d'une maison.
« Rien n'est ouvert, sans doute la pauvrette
« Dans le logis est en prison. »
Il lui cria : « Qu'as-tu donc, ma jolie?
« Tu m'arraches le cœur 1 C'est moi, c'est Gros-Minet. »
La chatte répondit : » Ma maîtresse m'oublie.
« Hélas ! mon malheur est complet :
« Voilà déjà trois jours que je souffre enfermée;
« Plus rien dans mon écuelle et je suis affamée.
« — N'as-tu rien à boire non plus ?
« —Le seau n'est pas à sec. —C'est déjà quelque chose.
« Dans l'armoire au manger n'est-il point de rebuts?
« — Ah ! j'ai tout visité, partout la porte est close.
« - Hé bien ! donc, mon enfant, fais la chasse aux souris.
« — De moi sans doute tu te ris.
« J'ai pour un mets pareil peu de goût, je t'assure :
« Ma bouche n'est plus faite à cette nourriture.
« —Pourtant manger souris est meilleur qu'avoir faim.
« — Oui, mais puisqu'il faut te le dire,
« J'ai voulu de la sorte alléger mon martyre;
« J'ai guetté, trotté, mais en vain.
« Je suis rouillée et ne sais plus m'y prendre.
« — Tant pis; alors il faut, plutôt que de te rendre,
« Tenter un coup d'éclat. Voyons, faisons le saut;
« Le toit de ce côté n'est vraiment pas trop haut.
« Tu tombes sur des choux : sol mou, grand avantage.
« Vite à la lucarne, et courage ! »
La chatte vint au bord du toit.
« Hop! hop! »dit Gros-Minet.—«Tu veux mon trépas, soit!
S'écria Doucette tremblante.
« .... Eh bien,non ! j'ai trop peur, je me sens chancelante.
« Je vis dans la cuisine et ne sais plus sauter.
« — Idée! entends-tu bien, pure idée ! Eh! pauvrette,
« J'aurais pour te réconforter
« Un si beau reste d'omelette.
« Allons, du cœur! — Impossible, et je crains
« Qu'en restant plus longtemps,malgré moi je ne glisse.»
Elle rentra. Le chat dit tout bas : « Je la plains;
« Pourquoi faut-il qu'ainsi ce tendre objet périsse? »
Le drame eut toutefois un moins noir dénoûment.
Après deux jours encor d'une atroce torture,
Une clef tout à coup tourna dans la serrure.
Doucette mangea. Quel moment !
Mais longtemps elle n'eut qu'une santé chétive :
La secousse avait été vive.
Par la prospérité qui se laisse amollir,
Au jour de l'infortune a le double à pâtir.
** Fables par Antoine Carteret - Paris 1862.
Le Saule et le Sapin.
L'Epi et le Bleuet.
L'Epi et le Bleuet.
Une Lecture.
La Bouteille et la Carafe .
Le Chat abondonné.
L'Avare et la Pie.
Le vieux Sou.
Le Bourgeois et le Rustre.
Au fond d'une cave.
La Chatte emprisonnée.
La Neige et la Crème fouettée.
Le Chien et le Corbeau.
La Parapluie et le Parasol.
Dans vos réponses soyez polis et affables. Ici vous êtes chez vous, ce site est fait pour vous, participez, réagissez, enfin faites comme chez vous. Merci.
blog comments powered by









"J'aime le jeu, l'amour, les livres, la musique,-
La ville et la campagne, enfin tout; il n'est rien-
Qui ne me soit souverain bien, -
Jusqu'au sombre plaisir d'un coeur mélancolique ?"
Saadi disait : " Si la peste donnait des pensions, la peste trouverait encore des flatteurs et des serviteurs".
lorsqu'on n'a pas ce que l'on aime. - Il faut aimer ce que l'on a." 




