Cette première édition ne comprenoit que les six premiers livres des fables, et celles-ci sont au nombre de 124. On ne s'attend pas, je l'espère, à me voir justifier pour chacune d'elles les raisons qui me déterminent à leur attribuer l'origine que je vais indiquer ; mais, en les réunissant en plusieurs groupes, on pourra raisonnablement admettre que toutes celles qui composent chacun d'eux reconnoissent une source commune, lorsque la plupart présenteront des signes évidents d'imitation. Ésope, Horace et Phèdre sont les trois anciens auteurs dont je crois devoir m'occuper en premier sous le rapport de ces recherches....lire la suite.
Qu'est-ce qu'une fable ?
Nature de la fable .
Parmi les critiques, les uns voient dans la Fable principalement une vérité morale proposée à la raison; d'autres la considèrent comme une exhortation au bien, offerte dans un discours allégorique à la volonté ; d'autres enfin en font un tableau poétique, parlant surtout à l'imagination et ayant pour objet le beau idéal. De là une foule de définitions et de règles contraires sur l'apologue , selon qu'on l'envisageait exclusivement à l'un de ces trois points de vue. Lire la suite
L'Araignée, habile ouvrière,
Unit à son talent un méchant caractère.
Quand on eut découvert que son fil délié
Utilement pour nous pourrait être employé,
On réunit en corps nombre de filandières.
Ces Dames de tout temps ont été carnacières;
On leur fournit des Moucherons,
Des Vermisseaux, des Pucerons;
On croit qu'elles vont faire à l'envi des merveilles.
Leur unique souci fut de s'entr'égorger;
Et tout le fruit qu'on tira de leurs veilles,
Ce fut cette leçon, que ne peut négliger Le Monarque, s'il est habile:
Les méchans n'ont souvent qu'un talent inutile;
N'attendez rien de bon de leur corps réuni,
Il faut les disperser pour en tirer parti.