Je ne connais dans tout le recueil de La Fontaine que cinq ou six fables où brille éminemment la naïveté puérile ; par Jean-Jacques Rousseau. ...lire la suite. La Fontaine a mis a la fin de sa
XVe
fable, intitulée : La Mort et le
Malheureux, une note qui
confirme ce fait, sans que
Despréaux
y soit nommé
...lire la suite. Qu'on cherche ailleurs des débuts plus simples, plus vifs, plus nets, plus riches, d'un tour plus piquants. ...lire la suite.
Proverbes.
" Il n'y a si petit buisson qui ne porte son ombre." Il n'y a si petite chose qui ne puisse, dans l'occasion, avoir son importance, son mérite, ou même son danger. Les anciens disaient dans le même sens, et à peu près dans les mêmes termes, qu'un cheveu même peut faire ombre ; ils disaient encore :
Qu'une fourmi elle-même a sa colère. Nous avons nous-mêmes un autre proverbe familier qui exprime la même idée :
Petit homme abat grand chêne.
Je citerai enfin, comme développement complet de la même pensée, l'aphorisme suivant, qui n'est pas à négliger : Se persuader qu'un petit ennemi ne peut nous nuire,
c'est croire qu'une étincelle ne suffit pas pour
allumer un incendie.
Une Fauvette , à peine au sortit du berceau,
Fut condamnée à l'esclavage.
On emprisonne hélas ! à la fleur de son âge,
On encage le pauvre. Oiseau,
Dont le cœur fut formé pour une autre aventure!
Mainte caresse et maint bonbon
Lui firent oublier les champs et la verdure.
Elle allait quelquefois voltiger au salon,
Rentrait sans peine en sa prison,
Passant ainsi les jours sans joie et sans murmure.
Elle ignorait encor qu'il fût dans la nature
D'autres plaisirs pour les Oiseaux;
Qu'en d'autres lieux les agiles Fauvettes
S'ébattaient dans les airs, ou faisaient leurs retraites
Sous des ombrages verts fréquentés des Moineaux.
Jamais du Rossignol la voix plaintive et tendre
A son tranquille cœur ne s'était fait entendre.
Un moment perdit tout. Au retour du printems,
Du côté d'un riant bocage,
Au soleil un beau jour on exposa sa cage.
Ce spectacle inconnu développa ses sens ;
De Philomèle elle entend les accens;
Elle apperçait Progné qui se donnait carrière.
L'infortunée alors pousse un premier soupir ;
Elle veut s'envoler et se sent retenir :
Elle comprit enfin qu'elle était prisonnière.
Hélas! dit-elle, qu'ai-je vu?
Voilà donc ce que j'ai perdu!
Cruels humains ! pour combler ma misère,
Fallait-il m'étaler un spectacle si beau ?
Tyrans, vous vous jouez de ma douleur amère!
Tandis qu'elle soupire, elle voit un Moineau
Caressant sous l'ombrage une jeune Fauvette.
Ah! c'en est trop, s'écria la pauvrette,
De mon destin j'ignorais la rigueur;
Et le bonheur d'autrui manquait à mon malheur !