D
eux livres se touchaient sur un même rayon;
On admirait surtout leur riche couverture;
L'un était mauvais, l'autre bon.
Le bon livre se dit : « Quand chaque page est pure,
Est-il besoin d'orner jusqu'à la couverture ?
Laissons cela pour mon voisin,
Dont le venin,
Sans cet appât, ne tenterait personne
Pour moi, je l'abandonne. » Cela dit, fièrement
Il l'arrache au même moment.
Une fille de la campagne,
Seulement de la veille arrivée en ce lieu,
En simple enfant de la montagne,
L'estimant de rebut, en alluma le feu.
Bien qu'avec de l'esprit, du goût, du savoir-vivre,
On est parfois tenté d'imiter ce gros livre ;
C'est un tort,
Car le commun des gens nous juge sur l'abord.
Fables.
Raymond Belfeuil - Paris 1869 .
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"J'aime le jeu, l'amour, les livres, la musique,-
La ville et la campagne, enfin tout; il n'est rien-
Qui ne me soit souverain bien, -
Jusqu'au sombre plaisir d'un coeur mélancolique ?"
Saadi disait : " Si la peste donnait des pensions, la peste trouverait encore des flatteurs et des serviteurs".
lorsqu'on n'a pas ce que l'on aime. - Il faut aimer ce que l'on a." 




