U
n enfant, qui vivait sous l'aile de sa mère,
Etait indocile, imprudent,
Et surtout fort indépendant;
Il croyait tout savoir, le petit téméraire!
Sur un mont, près de là, vivait un solitaire.
Or cet enfant s'échappe, un soir,
Et se dit : « Je veux aller voir
Ce que fait là-haut ce bon père. »
L'ermite descendait la côte, ce jour-là,
Et voyant le gamin qui redressait la tête,
Fier comme un général qui marche à la conquête :
« Holà, lui cria-t-il, holà !
Vous ne voyez donc pas que pour monter la côte
Il faut se courber en avant?
Si vous tombez, mon cher enfant,
Ce sera bien par votre faute.
—Moi,m'abaisser,dit l'autre. Oh! non,je suis trop grand!»
De son orgueil il fut victime :
Le petit malheureux roula dans un abîme.
Gardez-vous bien de l'imiter,
Vous que l'ambition anime,
Et baissez-vous un peu si vous voulez monter.
Fables.
Raymond Belfeuil - Paris 1869 .
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"J'aime le jeu, l'amour, les livres, la musique,-
La ville et la campagne, enfin tout; il n'est rien-
Qui ne me soit souverain bien, -
Jusqu'au sombre plaisir d'un coeur mélancolique ?"
Saadi disait : " Si la peste donnait des pensions, la peste trouverait encore des flatteurs et des serviteurs".
lorsqu'on n'a pas ce que l'on aime. - Il faut aimer ce que l'on a." 




