A
nge aux yeux noirs, dis-nous ton mystère de femme.
Le ciel te trempa-t-il dans la glace ou la flamme?
Assemblage étonnant de froideur et d'amour,
Léger souffle de feu, flot de lave brûlante;
Tour à tour lac paisible ou vague turbulente,
Rayon d'un matin, feu d'un jour!
Te voilà sur la natte où calme tu reposes
Au milieu des parfums, des rêves et des roses,
Changeant un jour brûlant en une fraîche nuit.
La feuille qui se meut, l'insecte qui bourdonne
Fatiguent ta paresse; et ton sommeil frissonne
Du vague murmure et du bruit,
Mais l'archet a couru sur la corde sonore :
Semblable au papillon qu'un beau jour fait, éclore,
On te voit t'élancer comme un joyeux éclair,
De danse, de plaisir et de louange avide,
Tourner et t'envoler dans ton essor rapide
Comme l'étincelle dans l'air.
De l'amour dans tes sens que la flamme s'allume :
Ton être s'alanguit, se fond et se consume
A ce fluide ardent qui coule dans ton coeur.
Ce n'est plus ce rayon doux et mélancolique
Qui reflète le soir; c'est le soleil d'Afrique
Avec sa dévorante ardeur.
Aux forêts, aux rochers, aux noires solitudes
Tu vas contant ta peine et tes inquiétudes;
Et dans tous les objets tu n'en recherches qu'un.
Tu le vois dans le ciel, dans l'air et dans l'étoile.
Il s'attache à tes à ton à ton
pas, corps, voile,
Comme aux fleurs s'attache un parfum.
Laisse la vieille Europe et ses filles légères
Prodiguer en courant leurs ardeurs passagères.
Là, comme le printemps, l'amour dure si peu !
Mais toi, fille du ciel qui nuit et jour flamboie,
Comme lui tes plaisirs, tes tourments et ta joie
Sont toujours mélangés de feu,
Ta vie est dans ton coeur, ton coeur, brûlant cratère.
Qui que tu sois, soeur, fille, amante, épouse ou mère,
Un sentiment d'amour vient toujours t'animer.
Et lorsque jeune encor tu descends dans la tombe
Ce que doit regretter ton âme de colombe,
C'est que tu ne peux plus aimer.
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Qui ne me soit souverain bien, -
Jusqu'au sombre plaisir d'un coeur mélancolique ?"
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lorsqu'on n'a pas ce que l'on aime. - Il faut aimer ce que l'on a." 




