L'Abbé Aubert.

Aubert, "l'Abbé Jean-Louis", fabuliste et critique est né le 15 février 1731 et mort le 10 novembre 1814. Il écriva quelques fables dans le Mercure de france. Aubert, fut un critique plein de goût, d'érudition. Rédacteur en chef pendant plusieurs années du feuilleton des Affiches de la province et de Paris, puis au journal des beaux-arts .
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Le Serin mis en cage. Un Serin jeune encore, ayant un beau plumage ,
Un air vif, un tendre ramage,
Dans les jardins d'un grand Seigneur
Fut pris , et soudain mis en cage :
Le mérite toujours attire le malheur.
Voilà l'oiseau, pleurant son esclavage.
Devenu citoyen d'un superbe salon.
S'il est une douce prison,
Cest la, sienne : grilles dorées ,
Lit de duvet et de coton;
Pour ses repas, friandises sucrées ,
Biscruit, pralines et bonbon;
Pour prix de ses accens , mille et mille caresses.
Baisers de Ducs et de Duchesses ,
Grands éloges déjà beauté ,
Il a tout, hors la liberté.
Sans elle rien n'est doux : l'esclave l'apprécie
Au poids dont le malade estime la santé.
L'oiseau cherche envain sa patrie
Dans les froids ornemens de ces lambris si beaux :
Les bois etleurs charmans ombrages ,
Les prés fleuris, les clairs ruisseaux ,
Les fertiles vallons . et les brillans coteaux ,
Il ne les voit là qu'en images.
L'art y déploye envain ses attraits séduisans;
Il connaît trop bien la nature ;
Et la plus fidèle peinture
Ne dédommage pas de ses charmes puissans.
Jadis, quand il volait de bocage en bocage ,
De plasirs il pouvait à chaque instant changer;
Jupiter pour cela lui donna ce plumage,
Vain présent, qui des fers ne l'a pû dégager,
Et dont il oublira l'usage,
A peine en sa douleur l'amour le consola ;
Il eut une compagne : il fut mort sans cela.
Le plus bel eslavage est toujours une peine ,
Qui révolte nos sens , aisés à se troubler :
Une chaîne dorée est toujours une chaîne,
Dont le poids peut nous accabler.



 

 

Les autres fables :

Le Serin mis en cage.
La Rose.



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