Cette première édition ne comprenoit que les six premiers livres des fables, et celles-ci sont au nombre de 124. On ne s'attend pas, je l'espère, à me voir justifier pour chacune d'elles les raisons qui me déterminent à leur attribuer l'origine que je vais indiquer ; mais, en les réunissant en plusieurs groupes, on pourra raisonnablement admettre que toutes celles qui composent chacun d'eux reconnoissent une source commune, lorsque la plupart présenteront des signes évidents d'imitation. Ésope, Horace et Phèdre sont les trois anciens auteurs dont je crois devoir m'occuper en premier sous le rapport de ces recherches....lire la suite.
Qu'est-ce qu'une fable ?
Nature de la fable .
Parmi les critiques, les uns voient dans la Fable principalement une vérité morale proposée à la raison; d'autres la considèrent comme une exhortation au bien, offerte dans un discours allégorique à la volonté ; d'autres enfin en font un tableau poétique, parlant surtout à l'imagination et ayant pour objet le beau idéal. De là une foule de définitions et de règles contraires sur l'apologue , selon qu'on l'envisageait exclusivement à l'un de ces trois points de vue. Lire la suite
J'ai dit, je m'en souviens, lecteur
J'ai dit en certain épilogue
Qui suit ce calomniateur.
Sujet d'un récit enchanteur
Dont je ne suis pas l'inventeur:
Voilà mon dernier apologue.
C'était le dernier en effet.
Le dernier qu'alors j'avais fait,
Mais non pas que je dusse faire.
A s'occuper d'une autre affaire
Mon esprit qui se résignait,
En cédant à la conjoncture,
Au livre mettait le signet,
Sauf à reprendre la lecture.
Ami, moi je renoncerais,
Au conte, aux Tables, a l'histoire,
A tout caquet ! j'en jurerais,
Que lu ne pourrais pas m'en croire
Pour moi conter est un besoin.
Triste ou gai, dispos ou malade,
Il distrait de tout autre soin
Mes veilles ou ma promenade.
Et puis c'est un droit du vieillard.
Nestor en usa, Dieu sait comme.
Sans valoir en tout ce grand homme,
Je me crois tout aussi bavard.
Affranchi de toute autre envie,
J'achève en bavardant la vie.
Fleuve qu'on ne peut remonter!
Agir me plairait davantage ;
Mais, hélas ! que faire à mon âge.
Si ce n'est rêver et conter ?