La tête et le Chapeau.
Sur un étang bordé de frais gazons,
Parmi d'épais roseaux, dans une métairie,
Un vieux canard et des oisons
Vivaient naguère en confrérie.
Entre eux et ses poulets, disiribuant ses soins,
Fille du jardinier, certaine ménagère,
A la démarche leste, à la taille légère,
Veillait en mère à leurs besoins,
Tous les matins dans sa corbeille
Leur portant les reliefs du souper de la veille.
Aussi l'aimaient-ils tous ; et du milieu des joncs,
A l'aspect du chapeau de paille
Qui recouvrait ses cheveux blonds,
Accouraient-ils, ainsi qu'en ces jours de ripaille ,
Sur un doux avis du préfet,
Accourt la foule avide au pied de ce buffet ,
Source d'ivresse et de bataille,
D'où Paris fait pleuvoir sur ses enfants gâtés
Le pire des vins frelatés
Qui jamais ait jailli des flaucs d'une futaille.
A l'aspect donc de ce chapeau,
Comme la nef qui fuit sur l'eau
Sous l'effort de la rame active,
Les oisons, le canard se dirigeant soudain
Vers la jardinière attentive,
Au devant de ses pas s'élançaient sur la rive,
Et venaient sans façon lui manger dans la main.
Un jour, à l'heure accoutumée,
Reparaît le signe attendu.
Vers ce but, voyez-vous partir, le cou tendu,
Cette populace emplumée ? .
Pour être le premier à bord,
A qui mieux mieux chacun s'évertuait d'abord ;
Quand le canard s'écrie : « Arrête !
« Où cours-tu donc, peuple benêt ?
« Tu ne regardes qn'au bonnet.
« Eh! regarde donc à la tête!
« Celle-ci me revient fort peu.
«Au lieu d'un gracieux visage
« Qu'embellit un œil tendre et bleu,
« J'y vois un œil dur et sauvage
« Rouge de malice et de feu.
« Voit-on cela sans quelque angoisse.
« Quand le tourne-broche est en jeu,
« Quand on sait que demain c'est Saiut-Gille et Soint-Leu
« Patrons de notre maître et de notre paroisse ?
« Tout cela sent la trahison. »
Le vieux canard avait raison.
La cauteleuse cuisinière,
Pour faire niche à quelque oison
Avait pris, en effet, en quittant la maison,
Le chapeau de la jardinière.
Devenue auteur, elle a écrit : Élégies et romances (1818), Poésies (1829), les Pleurs (1833), Pauvres fleurs! (1839), Contes en vers (1840), Bouquets et prières (1843). Elle a en outre publié quelques romans et volumes de prose. —Mme Desbordes-Valmore est morte le 23 juillet. ... est née en 1650 à Barneville. La comtesse d'Aulnoy est l'auteur des contes de fées, contes très agréables. Elle est la fille de Jumel de Barneville. Mariée à contre-coeur à François de la Mothe, comte d'Aulnoy suite à un arangement de famille , elle aura cinq enfants avec lui. Son mari, le comte d'Aulnoy fut accusé de lèze-majesté, enfermé et menacé de perdre la tête, avant qu'un de ses trois accusateurs , pris de remords, n'avoua la calomnie. Madame d'Aulnoy doit se réfugier en Angleterre pour fuir la justice. Elle revient en France en 1685 suite au pardon du roi Louis XIV. La comtesse était une belle femme avec beaucoup d'esprit, et une grande éloquence. Elle était la nièce de la célèbre madame Desloges et la mère de madame de Héere..... Chateaudecartes.fr - Un site dédié aux cartes postales et aux chromos dont quelques unes sont en rapport avec nos fabulistes.
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Familier du château de Sceaux et protégé de Voltaire (son oncle). Lauréat de l'Académie, le 6 mars 1788, Florian atteignit le sommet de sa gloire en y entrant , remplaçant le cardinal de Luynes.