Cette première édition ne comprenoit que les six premiers livres des fables, et celles-ci sont au nombre de 124. On ne s'attend pas, je l'espère, à me voir justifier pour chacune d'elles les raisons qui me déterminent à leur attribuer l'origine que je vais indiquer ; mais, en les réunissant en plusieurs groupes, on pourra raisonnablement admettre que toutes celles qui composent chacun d'eux reconnoissent une source commune, lorsque la plupart présenteront des signes évidents d'imitation. Ésope, Horace et Phèdre sont les trois anciens auteurs dont je crois devoir m'occuper en premier sous le rapport de ces recherches....lire la suite.
Qu'est-ce qu'une fable ?
Nature de la fable .
Parmi les critiques, les uns voient dans la Fable principalement une vérité morale proposée à la raison; d'autres la considèrent comme une exhortation au bien, offerte dans un discours allégorique à la volonté ; d'autres enfin en font un tableau poétique, parlant surtout à l'imagination et ayant pour objet le beau idéal. De là une foule de définitions et de règles contraires sur l'apologue , selon qu'on l'envisageait exclusivement à l'un de ces trois points de vue. Lire la suite
M. H. Agniel.
M. H. Agniel.
Agniel, fabuliste Français est aujourd'hui tombé dans l'oubli. Nous avons très peu de renseignements sur sa vie. Avec ces quelques fables nous espérons vous le faire découvrir. A vous d'en juger.
Fables nouvelles, par M. H. Agniel. Paris, 1829; Firmin Didot. In-18, grand raisin, de 424 pages; Ce recueil est composé d'un prologue et de 143 fables , divisées en 6 livres, et dont la plus ancienne, à notre connaissance, la Statue renversée (la XXe du liv. 11), a paru dans l'Almanach des Muses de 18o5. On voit que M. Agniel n'a pas suivi l'usage constamment adopté aujourd'hui par nos jeunes auteurs, qui prennent à peine le soin de relire leurs compositions, et qui se pressent de les offrir à l'admiration contemporaine, persuades sans doute de cette vérité que; Le tems n'èpargne pas ce qui n'est fait sans lui. Son assistance ne suffit pas non plus pour imprimer un cachet de durée aux ouvrages pour lesquels on n'a pas attendu l'inspiration ; elle seule est la condition indispensable de tout succès, et la critique a souvent l'occasion de vérifier la justesse de ce mot de notre premier auteur comique : Le tems n'a rien à l'affaire. Le prologue de M. Agniel et les notes qui l''accompagnent nous apprennent qu'il a composé un recueil d'idylles, dont plusieurs ont été imprimées dans les Veillées des Muses, journal rédigé autrefois par MM. Vigée, Laya, Legouvé etc. ; et nous croyons que son caractère et la nature de son esprit l'appelaient à obtenir plus de succès dans ce genre que dans celui de la fable, pour lequel il faut peut-Être, sous un air de bonhomie et de simplicité, un bon fond de malice et de causticité. Ce prologue, du reste, est consacré presque entièrement par l'auteur à peindre des malheurs personnels, à la confidence desquels le lecteur s'intéresse bien rarement, à moins qu'on n'ait l'art de lui en déguiser la sécheresse et l'ennui par l'attrait des détails et de la nouveauté. Nous y apprenons que M. Agniel a perdu ses économies et le fruit de vingt années de travaux par un procès injuste ; que son frère, receveur-général du Tarn, bon, bienfaisant, équitable, a laissé une fortune considérable, au partage de laquelle il n'a pas été appelé, quoiqu'il eût reçu, du vivant de ce frère, les témoignages Les plus touchans de son amitié ; qu'il n'a embrassé la profession des lettres que pour se consoler, et non par une vocation bien décidée; qu'il ne leur a jamais consacré que ses loisirs, et que des circonstances impérieuses ont seules retardé la publication de son recueil, qui aurait dû paraître depuis long-tems.... Mais nous nous apercerons, à notre tour, que nous n'avons encore parlé que do l'auteur, et point de son ouvrage.
ENCYCLOPÉDIQUE, OU ANALYSE RAISONNÉE PAR UNE RÉUNION DE MEMBRES DE L'INSTITUT . TOME XLII. PARIS, AU BUREAU CENTRAL DE LA REVUE ENCYCLOPÉDIQUE, CHEZ SEDILLOT, LIBRAIRE, RUE d'ENFER SAINT-MICHEL.AVRIL-JUIN 1829