Jean de la Fontaine   Sa vie     Fables    Contes   Proverbes    Théatre    Poésies    Epitaphe 
Les 12 livres de Jean de la Fontaine : 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10 - 11 - 12
 Tircis et Amarante.  

J'avais Esope quitté
Pour être tout à Boccace :
Mais une divinité
Veut revoir sur le Parnasse
Des Fables de ma façon ;
Or d'aller lui dire, Non,
Sans quelque valable excuse,
Ce n'est pas comme on en use
Avec des Divinités,
Surtout quand ce sont de celles
Que la qualité de belles
Fait Reines des volontés.
Car afin que l'on le sache,
C'est Sillery qui s'attache
A vouloir que, de nouveau,
Sire Loup, Sire Corbeau
Chez moi se parlent en rime.
Qui dit Sillery, dit tout ;
Peu de gens en leur estime
Lui refusent le haut bout ;
Comment le pourrait-on faire ?
Pour venir à notre affaire,
Mes contes à son avis
Sont obscurs ; les beaux esprits
N'entendent pas toute chose :
Faisons donc quelques récits
Qu'elle déchiffre sans glose.
Amenons des Bergers et puis nous rimerons
Ce que disent entre eux les Loups et les Moutons.
Tircis disait un jour à la jeune Amarante :
Ah ! si vous connaissiez comme moi certain mal
Qui nous plaît et qui nous enchante !
Il n'est bien sous le ciel qui vous parût égal :
Souffrez qu'on vous le communique ;
Croyez-moi ; n'ayez point de peur :
Voudrais-je vous tromper, vous pour qui je me pique
Des plus doux sentiments que puisse avoir un coeur ?
Amarante aussitôt réplique :
Comment l'appelez-vous, ce mal ? quel est son nom ?
- L'amour. - Ce mot est beau : dites-moi quelque marque
A quoi je le pourrai connaître : que sent-on ?
- Des peines près de qui le plaisir des Monarques
Est ennuyeux et fade : on s'oublie, on se plaît
Toute seule en une forêt.
Se mire-t-on près un rivage ?
Ce n'est pas soi qu'on voit, on ne voit qu'une image
Qui sans cesse revient et qui suit en tous lieux :
Pour tout le reste on est sans yeux.
Il est un Berger du village
Dont l'abord, dont la voix, dont le nom fait rougir :
On soupire à son souvenir :
On ne sait pas pourquoi ; cependant on soupire ;
On a peur de le voir encor qu'on le désire.
Amarante dit à l'instant :
Oh ! oh ! c'est là ce mal que vous me prêchez tant ?
Il ne m'est pas nouveau : je pense le connaître.
Tircis à son but croyait être,
Quand la belle ajouta : Voilà tout justement
Ce que je sens pour Clidamant.
L'autre pensa mourir de dépit et de honte.
Il est force gens comme lui
Qui prétendent n'agir que pour leur propre compte,
Et qui font le marché d'autrui.



 

Commentaires et analyses par Chamfort . 1796.

Pas notée.

Commentaires et observations diverses de MNS Guillon .1803.

pas notée.

 

Articles et fabulistes à voir...
Portrait biographique de Jean de La Fontaine . Sa jeunesse.
— Jean de la Fontaine naquit, le 8 juillet 1621, à Château-Thierry. Son père était maître des eaux et forêts, et sa mère, Françoise Pidoux, fille d'un bailli de Coulommiers. Son éducation paraît avoir été fort négligée; on lui laissait lire, à l'aventure, tout ce qui lui tombait sous la main; et, de bonne heure, il prit l'habitude d'obéir à son caprice ou aux impressions du moment. Quelques livres de piété prêtés par un chanoine de Soissons ayant ému son imagination, il crut d'abord qu'il avait du goût pour l'état ecclésiastique ; et, vers sa vingtième année, il entrait à l'institut de l'Oratoire, puis au séminaire de Saint-Magloire, à Paris1. Mais il s'aperçut vite de sa méprise, et en 1641 revint chez son père, la suite....

La continuation des Mille et une Nuits.
Avant de parler de la continuation des Mille et une Nuits qu’on publie aujourd’hui, il est nécessaire de dire quelque chose de l’original arabe, et de la partie déjà traduite par M. Galland.
Les manuscrits complets des Mille et une Nuits sont rares, non-seulement en Europe, mais même en Orient ; et tous ne se ressemblent pas exactement. La Bibliothèque Impériale de Paris possède deux exemplaires des Mille et une Nuits, qui sont tous deux fort incomplets. la suite ...

La Moralité de chaque Fable de La Fontaine développée et prouvée par un trait historique ou biographique.
En publiant le La Fontaine en action, nous n'avons qu'un but, c'est de vulgariser l'admirable morale des maximes du grand fabuliste, en les appuyant d'un exemple qui les fixe plus facilement et plus profondément dans l'esprit des jeunes gens ; c'est en un mot de leur venir en aide pour qu'ils fassent d'eux-mêmes l'application de la règle, et profitent des excellents conseils de cet écrivain immortel. Les exemples choisis, se rapportant pour la plupart aux grands faits historiques , la suite....

Origine des fables de Jean de la Fontaine.
Je n'hésiterais donc pas à regarder comme empruntés par La Fontaine tous les sujets qu'il renferme et que l'on retrouve dans les six premiers livres de notre fabuliste, si Phèdre et Horace n'en réclamaient pas un certain nombre : ce n'est pas sans balancer que j'indique les quatre fables suivantes comme ayant leurs sources dans les satires et dans les épîtres du lyrique latin.. la suite....

Franc-Nohain:
Maurice Étienne Legrand, dit Franc-Nohain, né le 25 octobre 1872 à Corbigny et mort le 18 octobre 1934 à Paris, avocat, sous-préfet, écrivain, librettiste, poète.
Il choisit Nohain comme nom en hommage au cours d'eau traversant Donzy, lieu de ses vacances d'enfance. Avec André Gide et Pierre Louÿs , il fonde "Potache revue" la suite.... .

blog comments powered by    
 

Website templates